Des News

Bonjour/ Bonsoir.


Depuis quelques semaines, je délaisse mes Skyblogs et je suis sérieusement désolée.
Seulement, je n'ai plus le temps ni l'envie de m'en occuper.
Oui, j'arrête mes fictions (MCL et BLAD) et je ne sais pas si je les continuerai.
Je vous tiendrai au courant.


En ce moment, j'écris une fiction qui me tient énormément à c½ur.
On retrouvera nos chers Panic At The Disco et bien d'autres groupes.
Mais je ne veux pas vous en dire plus à cause des plagiats...
Bref...

Pour ceux et celles qui désireraient plus d'information, retrouvez moi ici :

alexisstewart@live.fr

C'est une adresse que j'ai spécialement créé pour le confort des lecteurs.
Si vous ne m'y voyez pas souvent, veuillez m'en excuser.


Je vous souhaite beaucoup de bonheur.
Prenez bien soin de vous et surtout continuez de lire!!!


Lexie.
Des News

# Enviado el martes 04 de agosto de 2009 07:15

Un commencement.

Un commencement.
-Alexis! Hurla ma mère depuis le jardin.

Je l'observai discrètement s'époumoner depuis mon ancienne chambre, contrariée.
Les joues rouges, elle agitait stupidement sa main pour me faire signe de descendre.
Je soupirai de lassitude.
Je me retournai et avançai jusqu'à la porte, mes doigts courant sur la tapisserie bleue.
Je ne pouvais même pas faire mes adieux à la maison qui m'avait abrité pendant seize ans.
Une dernière ½illade.
Je m'attachai aux minuscules détails comme ce trou dans le mur ou cette raye sur le parquet.
J'avais passé tellement de temps dans cette pièce, il y avait tant d'anecdotes.
C'était mon histoire.
Et aujourd'hui, à cause de la mutation de mon père, je devais tirer un trait sur tout ça.
Tourner la page et écrire un nouveau chapitre s'intitulant ma nouvelle vie à Brooklyn.

-Alexis. Brailla de nouveau ma mère.
-J'arrive! Murmurai-je, je baissai les yeux vers une petite boule de poils noire. Allez, viens Sally!

Le chaton de quatre semaines marcha lentement jusqu'à moi, pataude.
Je la pris dans mes bras avant de ne mettre en marche vers la voiture, attristée.
Un bruit sur ma gauche.

-Grandit un peu, Ben!
-Comment tu as su que c'était moi?
Demanda le garçon en sortant de sa cachette.

Je ne répondis même pas, et abandonna ce grand nigaud de dix huit ans pour retrouver ma mère.
A peine débarqués, elle nous incendia mon frère et moi pour notre manque de ponctualité.
Elle nous fit aussitôt monter à l'arrière du véhicule, sans climatisation, pour y attendre mon paternel.
Dégoulinant de sueur.

-Mes amis vont me manquer. Avoua Ben, monotone.

Mon frère était le garçon plus populaire du lycée, tout le monde l'appréciait et aimait sa compagnie.
Il était capitaine de l'équipe de football, en plus de se passionner pour le dessin.
Un modèle de perfection pour beaucoup de lycéens.
Il était unique en son genre, avec ses cheveux bruns décoiffés en permanence et ses yeux bleus azur, il faisait tomber toutes les filles des environs.
Il n'était pas très intelligent mais avait toujours su s'en sortir avec des notes approchant de la moyenne.
Un type bien.

-Tu t'en feras d'autres. Dis-je avec détachement.
-Oui, sûrement...
-Ah, te voilà enfin! Mais que faisais-tu?
Pesta ma mère.

Mon père apparut avec un sourire arrogant sur ses fines lèvres, un ultime carton dans les mains.
Il fourgua le tout dans le coffre avant de ne prendre place au volant, les portières claquèrent.
Il se frotta vigoureusement les mains avant de ne mettre le contact.
Une musique tonitruante nous explosa dans les oreilles, ma mère s'empressa d'éteindre l'autoradio.

-Ca c'est encore un coup d'Alexis! Ma mère me dévisagea.

Je pivotai la tête vers la vitre, regardant pensivement le paysage défiler devant mes yeux.
Je n'étais pas aussi affectée de quitter le village que ma famille, au contraire.
La marginale des Stewart.
Même si mon frère et moi étions assez proches, j'étais une petite solitaire de nature.
Depuis que j'étais gamine, je passais tout mon temps libre isolée avec des ouvrages, mon appareil photo ou récemment en compagnie de ma guitare.
Distincte.
Au lycée aucun élève ne faisait véritablement attention à moi, je crois que si mon frère n'avait pas existé jamais personne ne m'aurait adressé la parole.
Je n'arrivais pas à me mêler à d'autres personnes qu'ils soient sportifs, musiciens, ou normaux.
Je ne me sentais pas à l'aise avec les gens, et je préférai me réfugier derrière un livre ou écouter de la musique durant nos récréations.
Déconcertante.
Les gens disaient de moi que j'avais une façon de les regarder qui les embarrassaient et que c'était pour cette raison qu'on n'osait venir me parler.
Mon frère s'amusait à me comparer à une rose, jolie mais piquante qu'il faut cueillir avec soin, d'ailleurs lui seul savait comment me saisir.

-Ca y est... Nous dépassions le panneau portant le nom de notre village, dans un parfait silence. Une nouvelle vie débute pour les Stewart.

Ma mère m'adressa alors un regard intense, qui voulait dire qu'elle espérait voir du changement.
Surtout me concernant.
Mais avais-je vraiment envie de bouleverser mes habitudes tout ça parce nous déménagions?
Pourquoi personne ne pouvais concevoir que je me plaisais comme j'étais?
Et de toute manière, je ne me faisais pas d'illusions, jamais je ne trouverai quelqu'un me correspondant.

« Jamais... »





***


WelcOme

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BOnne Lecture!



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Take Care.



***





[150]

# Enviado el sábado 06 de junio de 2009 03:51

Modificado el sábado 06 de junio de 2009 04:09

Chapitre 1: Bonjour Brooklyn.

Chapitre 1: Bonjour Brooklyn.
87 Th Street.


J'inspirai profondément, les bras croisés, j'observai avec intérêt notre nouvelle maison.
Le seul mot qui me venait à l'esprit était lugubre, peut être parce qu'elle était peinte en gris foncé, que les fenêtres étaient encore crasseuses et qu'elle semblait étouffée avec cet énorme Epicéa touffu.
Du mal à respirer.
La maison me refroidissait et je n'avais plus vraiment envie d'y vivre, à présent.
C'était comme si dans chacune de ses formes, elle paraissait nous dire que notre place n'était pas ici.
Tout à coup, une main se posa sur mon épaule.
Un sursaut.

-J'ai fait installer ta chambre au dernier étage, il y a même une petite salle de bain. Mon père me fit un large sourire et me frictionnant les bras. Je savais que tu étais tombée sous le charme.
-C'est gentil.
Murmurai-je, en avançant vers la porte d'entrée.
-Alexis, ne monte pas les mains vides. Cria ma mère depuis la voiture grise.
-Oui.

Je m'abaissai et pris deux cartons qui se trouvaient à l'entrée, j'installai Sally dans l'un d'entre eux.
Elle sortit sa petite tête noire, ses grands yeux bleus trahissant sa panique soudaine.
Je frottai mon nez contre son museau et me mis en route vers le troisième étage, épuisée.
Des souvenirs.
Je me rappelai avoir emprunté ces escaliers il y avait trois mois de cela et également m'être extasiée face à la magnifique vue que j'avais depuis ma chambre.
Mon père avait reçu au mois de février une promotion en or, qui toutefois nous obligeait à quitter notre campagne pour la grande ville.
Une recherche interminable pour trouver la demeure de nos rêves.
Après avoir visité une dizaine de maisons, notre choix s'était établit sur cette vieille bicoque.
S'en était suivit des travaux et de nombreux voyages pour tout préparer pour notre installation.
Grâce à la notoriété de son frère, mon père avait pu embaucher des déménageurs compétents pour nous livrer les meubles, et les avait fait installer à sa façon.
Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant que ma nouvelle chambre ressemblait à la perfection à la page d'un magasine de décoration pour intérieur que ma mère achetait.
Les maudissant.
Mes parents n'avaient pas voulu chambouler notre vie à mon frère et moi, si bien qu'ils avaient attendu que l'on termine notre année scolaire pour déménager.
Nous nous étions vu vivre chez mes cousins durant quelques temps, dépouillant notre ancienne maison pour remplir celle-ci.
Et bien sûr, ils en avaient profité pour tout agencer à leur guise, oubliant que nous y habiterions aussi.
Un complot.
Je posai mollement les cartons sur le sol, ainsi que Sally et débuta un réarrangement de ma chambre.
Ôtant ce qui n'était pas nécessaire et modifiant quelque peu la décoration.
Accrochant un ou deux posters, réorganisant l'ordre de mes livres et me séparant des objets qui n'avaient aucun intérêt à mes yeux.
Essoufflée.
Je me laissai tomber sur mon pouffe rouge et contemplai un long moment mon nouveau refuge.
Malgré l'harmonie qui régnait dans ces lieux, quelque chose d'imperceptible me dérangeait.
J'avais l'étrange sensation d'être espionnée, comme si quelqu'un était tapi dans un coin de la pièce.
Pourtant il n'y avait que moi et Sally.
D'ailleurs celle-ci s'était déjà dégoté une place non loin de mon lit, me piquant un ours en peluche.

-ALEXIS! Beugla ma mère, je levai les yeux au ciel.
-Ca doit l'énerver que je reste cinq minutes sans rien faire. Pestai-je. Bon, Sally. Sage!

La chatte m'accorda un doux regard puis cala sa petite tête sur le coussin qui lui était dès lors réservé.
Je descendis rapidement les escaliers qui grinçaient sous mon poids, dépassai Ben qui se dépatouillait malaisément avec son appareil de musculation et trébuchai sur mon père qui se bagarrait avec un lustre, avant de ne débarquer devant ma mère.
Celle-ci me toisa hargneusement un instant, avant de ne m'indiquer diligemment les affaires à prendre.

« Et c'est repartit. »

Monter, descendre.
Porter, déposer.
Encore et encore.

Un rythme de travail plus qu'éreintant.
Je crus que cette journée de labeur allait être sans fin, mais miraculeusement tout se termina aux alentours des vingt heures.
Ma mère s'était attelée au repas du soir et ce fut dans un silence paroissial que nous dînâmes.
Même mon frère qui d'habitude prenait plaisir à nous distraire de part ses blagues, préféra se hâter de manger pour aller plus vite se coucher.
Tous exténués.

« Les joies du déménagements. »

Il était à peine vingt deux heures trente, toutes les lumières venaient de s'éteindre.
Sauf une.
On pouvait apercevoir de l'extérieur, une faible lueur provenant du grenier.
En effet, une bougie rouge illuminait les combles, les ombres dansant sur les murs de bois.
Un chuchotement presque inaudible.
Soudain un livre usé par le temps chuta lourdement sur le plancher miteux.
Les pages tournèrent rapidement avant de ne se stopper sur une image en noir et blanc d'une jeune fille.
A la seconde même, je me réveillai âprement persuadée que quelqu'un était dans ma chambre.
Un courant d'air glacé.
Je me redressai vers les deux fenêtres, mais elles étaient closes, ainsi que la porte.
Je pivotai la tête vers l'une des cloisons, fixant l'obscurité, la flamme mourut à cet instant.
Une fine fumée.
J'étais convaincue qu'il y avait une présence dans ma chambre, téméraire, j'allais vérifier.
Je fis un rapide tour, puis repartis m'allonger dans mon grand lit, bredouille.
Cette nuit là, j'eus énormément de mal à dormir d'une traite, attentive au moindre bruit.

« Il y avait quelqu'un! »


**

Le lendemain, matin.


Des emplois du temps de ministres.
A peine m'étais-je levée que déjà on m'accablait de tâches que je devais accomplir pour cette journée.
Le seul point positif était que tout le monde déguerpissait de la maison, du moins pour ce matin.
Donc personne sur le dos.
Ben, accompagné de ma mère, devaient se rendre à l'université locale pour les inscriptions.
Quant à mon père, il avait son premier rendez-vous important pour le boulot, et il avait également décidé d'aller faire un tour dans un magasin de bricolage.

Il était seulement neuf heures, que déjà la maison était désertée par la famille.
Découragée, je regardai dans la cuisine la liste de choses que je devais faire dans les prochaines heures.
Du travail forcé.
Je m'attachai négligemment mes long cheveux auburn, puis enfilai un vieux T-shirt noir des Ramones.
Une fois parée, je commençai par les corvées les plus agréables suivie de près par Sally.
La musique à fond sur les oreilles.
Tout en chantant, j'enchaînai rapidement et avec rigueur les besognes qu'on m'avait infligées.
Je cavalai dehors, des cochonneries plein les mains, et les entassai dans nos immenses poubelles.
Puis je fis chemin arrière, m'occupant d'une autre montagne de détritus.
Alors que j'étais sur le point de réitérer mon voyage, je notai que Sally avait disparut de mon champ de vision depuis un bon bout de temps.
Un léger filet d'air à hauteur de mes pieds nus.
Je fis volte face et remarquai que la vétuste porte menant au jardin et au garage était béante.

« Merde! »

J'arrachai mes écouteurs noirs et me mis à siffler le fauve.
Sally n'était qu'un bébé, elle n'était jamais sortie auparavant, si bien que je me mis à paniquer.
Les accidents arrivaient tellement vite, surtout pour une créature aussi fragile.
Je me piquai les pieds sur la pierre laiteuse jonchée de petits cailloux et morceaux de verres.

-Sally! Appelai-je, les yeux parcourant la terrasse. Sally!

J'étais sur le point de rebrousser chemin quand je distinguai une voix grave de l'autre côté de la barrière blanche qui séparait la maison voisine de la mienne.
En désespoir de cause.
Je vins jusqu'à celle-ci, me mis sur la pointe des pieds, et observai ce qu'il se tramait de l'autre côté.
Je perçus un jeune homme qui devait avoir mon âge, en train de caresser timidement ma Sally.

-Euh... Bonjour.

Le garçon se redressa vivement, avant de ne me considérer.
Il me donna l'impression d'avoir vu un revenant, c'était vrai que ma tenue ne s'y prêtait pas mais je ne pensais pas être si épouvantable.
Il passa nerveusement la main dans ses cheveux bruns, avant de ne plantait son regard dans le mien.
Ses yeux ténébreux brillaient étonnamment, telle une flamme s'animant dans ses prunelles.
Un frisson.
Le jeune homme continuait de me scruter d'une manière assez étrange, il était déroutant.
Sally, qui d'ordinaire ne se laissait pas approcher par n'importe quel humain, continuait de se frotter follement contre l'inconnu.

-Salut. Marmonna-t-il, finalement.
-Je... Euh... Je m'appelle Alexis Stewart et...
-Je sais.
Il se tut et continua de gratter le cou noir de Sally, m'ignorant. C'est ton chaton?
-Exact, elle se nomme Sally.
-C'est joli.
Un soupir. Comme dans l'étrange Noël de Monsieur Jack. Agréablement surprise.
-Tu connais?
-Un classique.
Il m'adressa un somptueux regard. Je m'appelle Brendon.
-Enchantée.
Il s'approcha de moi, le chat dans les bras musclés et me le rendit.
-Tiens, Alexis. Il écorcha mon prénom.
-C'est vraiment curieux, tu dois être la première personne à réussir à la prendre aussi facilement.
-Ah oui?
Un dernier effleurement.
-Ouais, elle ne supporte pas les gens, en général.
-Sauf toi.
Je rougis, sans raison. Il était tellement déconcertant.
-Tu vis ici? Je donnais un coup de menton dans la direction de la bicoque gris pâle.
-Non. Je travaille de temps à autre. Il se retourna vers la bâtisse. D'ailleurs je ferais de m'y remettre si je veux garder mon job.
-Euh oui, désolée de t'avoir dérangé...
-Il n'y a pas de mal, Alexis.
Trancha-t-il.

Il leva maladroitement sa main droite et me fit un bref signe, puis il retourna ses occupations.
Comme si je n'étais pas là.
Piquée au vif par son comportement plus que pédant, je décidai de vaquer au rangement du salon.
Alors que je lui accordai une ultime attention, je le surpris à me guigner depuis la clôture.
Mes joues s'empourprèrent.
Je perçus un sourire mesquin sur ses lèvres pulpeuses, avant de ne raccrocher mon pied gauche sur la quatrième marche.
De justesse, je me rattrapai à la rambarde, me plantant au passage une écharde dans l'annulaire.
Honteuse, je me hâtai dans la maison, claquai violemment la porte et me laissai glisser sur les carrelages claires.
Je ne m'étais jamais sentie aussi humiliée, énervée et troublée.
Discrètement, je me soulevai et épiai le jeune homme derrière mes carreaux teintés.

« Il est tellement différent! »


**


-Je sors. Beuglai-je, je lassai mes converses dans le hall.
-Où tu vas, jeune fille? On est sensé mangé dans trente minutes. Ma mère apparut, vêtue d'un tablier et de maniques rouges flamboyantes.
-Je fais juste un tour dans la rue, je vais prendre quelques photos. Je montrai l'appareil qui était plaçai sur le banc de l'entrée.
-Mais, enfin...
-Mary...
Souffla mon père.
-Très bien. Mais fais bien attention à toi. Je roulais des yeux. Ne sois pas en retard pour le dîner.
-Ok.


Ma mère avait deux personnalités extrêmes, un instant elle pouvait être une vraie maman poule et la seconde suivante un terrible tyran.
Je ne savais dire laquelle je préférais parce que toutes deux avaient leurs défauts et leurs qualités.
Je n'étais pas spécialement proche de ma génitrice, nous nous entendions plus ou moins bien et avions appris à vivre ensemble.
Je savais qu'elle n'était pas aussi fière de moi qu'elle ne l'était de mon grand frère, ma vie la chagrinait.
Elle s'était immiscée plus d'une fois dans mes affaires, pour essayer de percer cette bulle que j'avais créé au fil des années.
Elle m'avait fait rencontrer des filles qu'elle désirait que je choisisse comme amies, ou encore des garçons de bonne famille pour qu'ils m'invitent le bal de fin d'année.
Mais chaque fois ça se terminait en un véritable désastre: des cris, des mots blessants et des pleurs.
Heureusement que mon père était là, parfois.

« Mais pas souvent au bon moment. »

Il était à peine dix neuf heures, pourtant le soleil était doucement en train de se coucher sur Brooklyn.
Conquise par la magnificence du paysage.
Armée de mon Reflex, je décidai de lier l'utile à l'agréable en procédant à une petite visites du coin.
Je vagabondais paisiblement en direction de Forest Park, à quelques mètres de notre rue.
Suivant les rayons orangés de cette boule de feu.
Je traînais mes pieds sur l'asphalte tout en m'imprégnant des lieux.

La photographie était devenue une vraie passion, immortaliser à jamais nos souvenirs.
J'avais commencé par prendre tout et n'importe quoi, puis je m'étais spécialisée dans les paysages.
Talentueuse.
Mon professeur de l'année passée m'encourageait à poursuivre cette voie car pour lui, j'avais un véritable don.
Une sorte de sensibilité qui rendait chacune de mes photos unique en son genre, comme moi.
J'arrivai à exprimer mes sentiments les plus profonds en un simple clique, disait-on.

Chaque fois cela me rappelait ma grand-mère, qui du temps où elle était encore vivante, s'extasiait de cette facilité que j'avais à déterminer les émotions des gens.
En un simple regard je réussissais à percevoir la tristesse, la souffrance ou même l'allégresse que les gens cachaient au fond d'eux.
Une émotivité extraordinaire, répétait-elle à tout le monde.
J'avais toujours cru que ça changerait ma vie, une forme de super pouvoir.
Je m'imaginai sauver des vies, être utile à quelque chose.
En réalité cela m'avait brisé, quelque part, mon innocence en comprenant assez tôt que les gens n'étaient guère bienheureux, et cela quoi qu'ils fassent.
Déçue.
C'était finalement frustrant de se rendre compte que la plupart des personnes qui nous entouraient jouaient un rôle pour survivre.
Souriant pour cacher des larmes brûlantes.
Paraissant joyeux pour dissimuler la peine qui les détruisait à petit feu.
Néanmoins cela m'avait appris comment fonctionner la vie: toujours refouler nos sentiments et paraître pour ne plus être blessée.
Adulte trop tôt.

« Que se serait-il passé si je n'avais pas compris? »

Un raclement.
Je me stoppai subitement et tournai promptement la tête vers le trottoir parallèle au mien.
Il n'y avait absolument rien, pourtant j'étais convaincue que quelqu'un me talonnait.
Bizarre.
Je fermai les yeux, respirant calmement.
C'était comme si la terre tanguait sous mes pieds, et tous ces frissons qui me parcouraient...
Un puissant choc sur le thorax.
Pendant une dizaine de seconde je ne parvenais plus à aspirer d'air correctement.
Lorsque j'ouvris à nouveau les yeux, j'avais la tête qui tournait et une atroce envie de rendre.
Je posai ma main sur mon front.

« Ca doit être la pression atmosphérique. »

Une excuse pour expliquer ces maux.
Ma mère avait lu ça dans un magasine sur la santé, et depuis dès que j'avais ces étourdissements inquiétants, je mettais la faute sur les changements de pression.
Mais cette fois-ci cette interprétation ne me convenait pas, un pressentiment.
Je jetai un dernier coup d'½il de l'autre côté de la chaussée, tout semblait parfaitement normal.
Le manque de sommeil de la nuit précédente et tout le travail que j'avais effectué aujourd'hui devait finalement être la cause de ce vertige, le besoin de se reposer.
Cependant je n'en étais pas certaine, une mauvaise intuition.
Pensive.
Finalement, je me remis promptement en marche, bien décidée à faire quelques clichés de Brooklyn avant que ne soit l'heure de dîner.
Néanmoins, je ne cessai de regarder par-dessus mon épaule, légèrement effrayée.

« Il y a quelque chose de bizarre ici! »

# Enviado el sábado 06 de junio de 2009 12:55

Modificado el domingo 07 de junio de 2009 12:00

Chapitre 2: Vous avez dit étrange?

Chapitre 2: Vous avez dit étrange?
Quatre jours plus tard.


J'observai tristement la pluie tomber depuis la fenêtre de la cuisine, de corvée vaisselle.
Les lampadaires illuminaient des flaques d'eau, où continuaient de s'écraser les gouttes cristallines.
Je me grattais le bout du nez.
Ben s'était proposé de faire le dîner ce soir et en échange je devais m'occuper des assiettes sales.
Après avoir terminé son plat de lasagnes, le fourbe avait directement fuit devant la télévision pour être sûr que je ne l'embauche pas.
Coincée.
Mes parents avaient été conviés à une soirée organisée par le comité d'entreprise, ils s'étaient sentis obligés d'y aller pour faire bonne impression.
De ce fait, Ben et moi bénéficions de la maison pour nous seuls ce soir.
En temps normal, j'aurais vu débarquer ses idiots de copains mais avec le déménagement mon frère n'avait toujours pas eu l'occasion de se faire de nouveau amis.
Il n'y avait pas énormément de jeunes dans notre rue.
A l'inverse du Connecticut.
J'essuyai à présent les assiettes quand je perçus un cognement provenant de la maison d'à côté.
Je me mis sur la pointe des pieds, et scrutai la pénombre en espérant y distinguer le visage de Brendon.
Depuis notre première rencontre, je n'avais pas eu l'occasion de le revoir, à ma plus grande déception.
C'était assez insolite parce que j'étais plutôt du genre à éviter les gens que de ne chercher à les revoir.
Il était particulier.
Je jetai négligemment la serviette sur le plan de travail quand j'eus l'impression de voir quelqu'un m'épier sous la pluie.
Je clignai à plusieurs reprises mes paupières, pour me rendre compte que j'avais tout simplement rêvée.
La fatigue me jouait encore des tours, en effet depuis que j'avais emménagée à Brooklyn, pas une nuit je n'avais réussi à fermer l'½il.

Je marchai lentement jusqu'au salon qui était plongé dans le noir, mon frère se matait un film d'horreur.
Je m'appuyai contre l'encadrement en bois de la porte, et regardai distraitement les images défiler.
Mon frère semblait vraiment captivé par ce navet.

-C'est couru d'avance que le tueur est dans la remise. Emis-je.
-Chut! M'ordonna mon frère, en levant sa main droite.
-Ne me dis pas que...
-Alexis!
Râla-t-il, en augmentant le son de la télévision.
-Bon, je monte me coucher, moi.
-Ouais, ouais.


J'accordai un dernier regard à l'écran d'où émanait une lueur bleutée pour monter au troisième étage.
Il faisait terriblement chaud et surtout lourd, et ce malgré la forte averse qui durait depuis deux heures.
J'ôtai mon T-shirt bleu marine et mon short en jeans accordé et filai dans ma salle de bain rudimentaire.
Une douche froide.
Les yeux fermés, je tâtonnais aveuglement l'évier à la recherche de ma serviette de bain blanche.
Mes doigts effleurèrent une matière étrange, douce comme la peau, le linge chuta alors sur mes pieds.
Je m'abaissai d'un coup, me dépêchai de le porter à mon visage, puis m'épongeai avec.

« Douce comme de la peau... »
Me répétai-je.

Un affreux pressentiment.
Les battements de mon c½ur étaient tellement bruyants qu'il m'était impossible de cogiter correctement.
Soudain, un souffle brulant caressa délicatement ma nuque nue, je me raidis immédiatement.
Je serrai mes poings et mes dents avant de ne me décider à ouvrir les yeux, sans prévenir.
Rien du tout.

« Ce que tu peux être stupide, Alexis! »

Je secouai ma tête de gauche à droite, ne revenant pas de cette frayeur enfantine que je m'étais causée.
J'avais largement dépassé l'âge de croire aux fantômes et aux revenants, formellement puéril.
Je m'avançai vers l'antique miroir et me penchai pour y essuyer la buée, le reflet d'un enfant.
Je fronçai les sourcils et m'approchai d'avantage, le garçonnet me fit un large sourire.
Impossible.
Je fis volte face, le garnement était bien devant moi, il agita la main droite avant de ne s'éclipser.
Un rire enfantin résonna dans la pièce, puis ma trousse de maquillage tomba lourdement sur le sol.
Je ne bougeai pas d'un poil, ne sachant trop si j'avais imaginé tout cela ou si c'était bien réel.
Une vague de froid.
Je tremblai de toute part, j'étais sur le point de retourner dans ma chambre quand j'ouïs un grincement.
Je pivotai subtilement la tête vers la droite, une inscription apparut sur la glace embrumée.

-Tu n'es pas la bienvenue. Lis-je à haute voix.

Le message s'effaça instantanément, et un cri m'explosa les tympans avant que la lumière ne s'éteigne.
Recroquevillée sur moi-même, je patientai le temps que l'éclairage artificiel ne rapplique.
Un susurrement dans une langue inconnue.
L'ampoule se mit à briller à nouveau, sans réfléchir je me précipitai hors de la salle de bain.
La porte claqua violemment, ensuite les fenêtres s'ouvrirent et mes affaires furent projetées dehors.
Des objets volaient dans les airs ou glissaient sur le parquet.

-Arrêtez! Criai-je d'une voix stridente.

Je reçus un violent coup à la tête, quelque chose m'avait atteint en plein milieu du front, un malaise.
Je m'effondrai rudement sur le sol, mais avant de ne véritablement perdre connaissance, je les vis tous.
Une dizaine d'hommes et de femmes.
Certains me dévisageaient et d'autres s'amusaient à encore déplacer mes affaires.
Une vieille dame s'approcha de moi, souriante, elle plaqua pacifiquement sa main ridée sur mon visage.
Ma vue se brouilla et je ne me souvins pas de ce qu'il s'était produit ensuite...


**


-Alexis, passe-moi le beurre. La tête baissée sur mon bol. Alexis! Je ne bougeai pas. Alexis, tu m'entends?

Ben lança vigoureusement sa serviette de papier dans ma direction, alors quelle faillit m'atteindre en plein visage, je la rattrapai de justesse.
Abasourdis.
Je levai lentement mes grands yeux verts, puis dévisageai hargneusement mon grand benêt de frangin.
La bouche béante, il me scrutait bêtement comme si j'étais un zombi ou autre monstre des ténèbres.

-Quoi? Demandai-je, sans ciller.
-Euh... Le beurre. Il humidifia ses lèvres. Passe-moi le beurre!
-Hum...


Mon père et Ben s'échangèrent un regard stupéfait, tandis que ma mère continua la lecture de la rubrique mode de son magasine.
Je me servis un autre Bagle, tout en écoutant rêveusement les cancans que ma génitrice avait appris.
Ce matin, toutes nos conversations tournaient autour de leur soirée de la veille ainsi des collègues de mon père et donc de nos futurs potentiels amis à mon frère et moi.
Ma mère avait tout planifiait, comme à son habitude, elle avait décidé d'inviter à souper certains d'entre eux afin que nous nous sympathisions avec leurs enfants.
Une plaie.
Cela ne m'enchantait pas du tout, mais ma mère n'avait que faire de ce qui m'importait.
Elle n'avait qu'une seule envie, épater tout le monde par un excellent repas, jouer à l'hôtesse de maison parfaite et faire ami-ami avec les épouses.
Alors qu'elle était en train d'établir une date, qui me paraissait trop proche, je préférai quitter la table pour éviter toute altercation.

-N'oublie pas de nettoyer la litière de Sally.
-Hum...


La peur au ventre, je montai anxieusement jusqu'au dernière étage, ma chambre.
Me remémorant la scène d'hier soir.
Ce matin, lorsque je m'étais réveillée, j'étais allongée dans mon lit avec une couverture posée sur moi et tous mes objets étaient à leur place mis à par deux ou trois vêtements.
Une chaussette brunie par la boue.
J'étais restée perplexe devant cette dernière, ne sachant finalement pas si j'avais fait un horrible cauchemar ou si tout cela avait bien été réel.
Je ne me sentais pas à l'aise dans cette maison et peut être mon imagination me jouait des tours.
Effectivement, plus d'une fois j'avais cru voir quelque chose d'anormale mais en réalité il s'agissait d'un jeu de lumière, de poussière ou de Sally qui traînait dans un coin.
De plus avec le film de Ben, peut être avais-je tout simplement transcrit le peu d'images que j'avais entraperçu et m'étais tout simplement inventée cette histoire saugrenue.

Je poussai précautionneusement la porte, mon c½ur battant à cent à l'heure.
Je jetai un rapide coup d'½il de chaque côté avant de ne pénétrer dans la pièce faiblement éclairée.
Un pâle rayon de soleil.
Je soupirai exagérément, même si cette situation n'avait rien de distrayante, j'avais eu cet espoir au fond de moi que tout soit vrai.
Qu'enfin quelque chose d'incroyable se présente, bouleversant littéralement ma vie.
Malheureusement ce ne serait pas demain la veille, et je devais pour l'instant me contenter de poursuivre cet interminable rangement.

« Motive-toi, Alexis. »

Après m'être habillée, je marchai jusqu'à l'une des deux fenêtres et l'ouvris en grand.
L'air frais.
Je pris cinq minutes pour admirer la sublime vue qui s'offrait à moi: l'éveil de Brooklyn.
Je m'attardai sur le voisin d'en face qui peinait à faire fonctionner sa tondeuse, des insultes.
J'éclatai de rire lorsque l'homme donna un violent coup de pied dans l'engin et jubila de douleur.
Son épouse débarqua alors, et en trois ou quatre manipulations, réussit à faire ronronner la machine.
Amusants.
J'aimais me détacher de ma vie pour étudier les gens quelques instants, on apprenait beaucoup sur leur personnalités juste en les observant faire quelque chose.
Par exemple au téléphone ou même durant un repas.
Sally grimpa sur le rebord en bois foncé de la fenêtre et se frotta contre moi, à la recherche de câlins.
Tout en caressant le chaton, je baissai les yeux sur le camion qui venait de s'immobiliser devant la maison d'à côté, deux hommes en sortirent.
L'un assez âgé aux cheveux grisonnants qui n'inspirait pas confiance, et l'autre jeune et frêle que je reconnu immédiatement: Brendon.
Ce dernier leva ses grands yeux bruns pétillants vers moi, un sourire se dessina sur ses lèvres pulpeuses.
Je pris un fard et me cacha derrière le mur, honteuse.
Mon rythme cardiaque s'accentua, j'étais presque plus paniquée avec ce garçon qu'avec mes spectres.
Discrètement, je repris place et en me tenant fermement à l'encadrement, me penchai pour déterminer où le jeune s'en était allé.

-Qui est ce que tu épies comme ça?

Je sursautai, mes mains dérapèrent.
Le vide.
Je me redressai promptement, évitant par chance la catastrophe.
Ben était à la porte et s'amusait à me voir me contorsionner dans tous les sens pour repérer Brendon.
Sally cracha quand mon grand frère s'approcha de moi, il eut un mouvement de recul et fixa agressivement l'animal au pelage noir.
Il avait suffit que Ben s'éloigne de quelques centimètres pour que Sally redevienne plaisante et affectueuse.
Comme si mon cadet n'était pas présent, je poursuivis ma contemplation du voisinage.

-Mais qu'est ce qu'elle a ta bestiole?
-Elle n'aime pas les capitaines de football dans ton genre.
Raillai-je, il fit la moue. Tu me voulais quoi au juste?
-Papa voudrait que tu l'aides à ranger le garage.
-Ok. Je ne vais pas tarder.
Je m'intéressai à deux femmes âgées en pleine discussion.
-Et puis... Ben se racla la gorge. Je vais en ville cet après-midi. Alors je me disais que peut être ça te plairait de te joindre à moi.
-Je ne sais pas trop...


Il soupira, ses beaux yeux bleus trahissaient sa déception.
-Pourquoi évites-tu toujours de te mêler à des gens?
-Pourquoi cherches-tu toujours à me voir avec des gens?
Je lui fis un sourire. J'aime bien être avec Sally, ma guitare et...
-Tes livres. Je sais.
Il souffla. Juste une heure.
-Ben...
-S'il-te-plait, Alexis.
Il me fit son regard de chien battu.
-Tu m'énerves.
-C'est un oui?
-C'est un peut être.
Il maugréa. Dis... Tu crois que les bibliothèques sont ouvertes le dimanche?
-Tu ne vas tout de même pas te terrer dans un cimetière pour bouquins avec ce superbe temps?
Il écarquilla les yeux, lui donnant un petit air de crétin.
-Je n'en aurai pas pour longtemps. J'ai juste une ou deux recherches à faire!
-Des recherches?
-Oui, sur le quartier...
Je fuis son regard. La maison.
-Hum...
Il se gratta le cuir chevelu. On est à Brooklyn donc... Tout est possible.
-Ok.
-Pourquoi la maison?
Repris-t-il après treize secondes de silence.
-Parce que je... Je ne me sens pas à l'aise et... Et je voudrais voir ses... Euh... Coordonnées géographiques. Inventai-je, il semblait abasourdi. Quoi?
-C'est bizarre les parents ont dit la même chose.
-Comment ça?
-Que la maison avait des ondes négatives. Par exemple dans la cave, papa a du changer trois fois d'ampoule en quatre jours, dans ma chambre mon réveil se coupe toujours à la même heure, maman n'arrive pas se coiffer dans notre salle de bain tant il y a de l'électricité statique et depuis qu'on est ici je ne me sens pas vraiment bien
.

Je me trouvai vraiment sotte.
Je pris conscience que je m'étais carrément élaborée une histoire paranormale à cause de mes mauvaises impressions sur la demeure, au lieu d'envisager une raison rationnelle.
Scientifique.
Nous vivions depuis toujours dans un petit village en pleine campagne, c'était à peine si nous réussissions à recevoir internet.
Or Brooklyn était une grande ville, il y avait énormément d'antennes autours de chez nous et donc plus de champs magnétiques, de lignes à hautes tensions, et d'appareils électriques.
Par conséquent nos corps peu habitués s'en trouvaient plus facilement chamboulés.

-Mais ce qui est bizarre c'est que ta photo est toujours retournée dans le salon. Quoi qu'on fasse, elle tombe. Même parfois deux secondes après l'avoir remis en place.

Une sensation étrange.
Les bribes de la nuit dernière me hantèrent et subitement je ne fus plus sûre de mon raisonnement.
Ces mots sur le miroir me disant que je n'étais pas la bienvenue.
J'eus l'impression d'entendre un rire d'enfant dans ma tête, Sally sauta bruyamment sur le plancher.
Un soubresaut.

-Eh, Alexis. Ca va? Mon frère avait sa main sur mon épaule. T'es toute pâle.
-Je... Oui... J'ai... Prendre l'air!


Je le bousculai Ben.
Tout penaud, il me regarda évacuer la chambre en courant puis disparaître dans la pénombre.
Il était sur le point de me rejoindre quand il se rappela de mes acrobaties pour apercevoir quelqu'un.
De nature curieuse, Ben chemina jusqu'à la fenêtre, se pencha à son tour et inspecta le paysage urbain.
Uniquement un homme d'une quarantaine d'années.

-Voilà que ma s½ur flashe sur les hommes d'âge mur. Plaisanta-t-il.


**


Tout était dans la nuance avec mon père.
Alors qu'il avait dit à Ben qu'il avait besoin de mon aide, je me retrouvai à seule à ranger le garage.
Cependant cela ne m'avait pas véritablement dérangé compte tenu du fait que mon père et moi n'avions pas de véritables sujets de conversations.
De plus cela me permettait de réfléchir sérieusement à toutes ces choses incompréhensibles qui survenaient entre ces quatre murs.

Je m'attaquai à une nouvelle pile de cartons, triant rapidement les objets à jeter de ceux à garder puis de ceux à laisser dans le garage de ceux à déplacer dans la maison.
Un travail exténuant.
Le seul point positif était que je me musclai les bras et que normalement j'étais sensée recevoir un petit quelque chose pour toutes les besognes accomplies.

-C'est partit!

J'entassai des vieux objets et les portai jusqu'à nos poubelles situées à l'avant de la maison.
Je fixai mes pieds pour ne pas tomber, priant pour que personne ne se mette en travers de mon chemin.
Soudain la musique changea au beau milieu de la chanson, Ice Dance de Danny Elfman.
Des frissons.
Suivis de cette impression de totalement étouffer.
Je lâchai instantanément les cartons, en recevant un lourd sur mon pied droit.
J'allais hurler de douleur, quand je vis une ombre se dessiner sur le sol parsemé de mauvaises herbes.
Brendon.
Ses cheveux foncés retombant sur son visage angélique, ses yeux bruns pétillants de malice.
Je l'examinai entièrement notant de multiples griffures aux bras ou encore cette façon arrogante de mettre les mains dans les poches de son jeans noir troué.
Il s'approcha de moi sur-le-champ, se courba puis pris aisément tous mes cartons.
Un sourire charmant.

-Tu t'es fait mal? Je remuer la tête, il rit. Il faut les mettre dans quelle poubelle?
-Euh...
J'eus du mal à reprendre mes esprits. Celle de droite.
-Ok.
Sans dire un mot de plus, il s'exécuta. Et voilà! Cria-t-il en revenant vers moi.

Il était vraiment séduisant.
Quelque chose de fascinant émanait de lui, il m'était tout bonnement impossible de détourner les yeux.
Il planta son regard ténébreux dans le mien, je me liquéfiai sur place, je ne parvenais plus à déglutir.
Me transperçant de part en part, ses prunelles s'illuminèrent.
C'était comme s'il lisait en moi à cet instant, fouillant dans ma tête et s'imprégnant de mes souvenirs.
A ce moment précis, je n'arrivai plus à réfléchir à quoi que ce soit, j'étais totalement envoutée.
Il fit une grimace, et détourna son regard.

-Je dois y aller. Déclara-t-il, en tournant déjà les talons.
-Brendon... Il m'accorda une ultime attention. Merci! Dis-je, les joues virant au rouge pourpre.
-De rien, Alexis. Il écorcha mon prénom.

Il tourna au coin de notre allée de garage et de la maison grise, à la seconde près où mon père sortir de la notre pour me rappeler à l'ordre.
Désorientée.
J'étais dans un état second, ne me voyant pas revenir, mon père vint à ma rencontre.
Il posa ses grosses paluches sur mes épaules et mima de m'étrangler, me « réanimant ».

-C'est comme ça que tu débarrasse le garage? Râla mon paternel.
-Je discutais avec un garçon. Je lui fis retirer ses mains.
-Tu... Tu quoi?
-Je discutais avec un garçon.
Répétai-je, maussadement.
-Un quoi?
-Papa...
Je soufflai de lassitude.
-Un humain? Enfin...
-En chair et en os. Il s'appelle-même Brendon.
Des yeux comme des ronds de frittes.
-C'est... Euh... Un mec... Je... Mary! Hurla mon père en filant vers la cuisine.
-Pas la peine d'en faire une montagne. Braillai-je alors qu'il était déjà loin.

Je partis vers le garage, en accordant un dernier regard dans la direction qu'avait pris Brendon.
Une parenthèse sur mon visage.



[150]

# Enviado el lunes 08 de junio de 2009 08:02

Modificado el martes 09 de junio de 2009 15:16

Chapitre 3: Quand la fiction devient réalité.

Chapitre 3: Quand la fiction devient réalité.
Je sortis de la bibliothèque, les mains chargées de livres anciens.
Je n'avais pas véritablement trouvé mon bonheur, de plus Ben ne m'avait accordé qu'une petite heure.
J'avais du me dépêcher d'éplucher d'anciens articles de journaux et de visiter les archives du bâtiment.
Au final, je repartais bredouille mais avec un bon nombre de manuscrits à dévorer avant deux semaines.
Une chaleur étouffante.
Je regrettai déjà la fraîcheur de la bibliothèque publique de Brooklyn.
Je cheminai en direction de la voiture noire de Ben, garée le long de Flatbush Avenue en plein soleil.
Alors que je me rapprochai du véhicule, je perçus un sifflement provenant de quelques mètres plus loin.
Il s'agissait de mon frère, qui était installé à l'ombre des arbres, en compagnie de plusieurs jeunes gens.

« Crotte! »

Je soupirai.
Tête baissée, je rejoignis mon frère accompagné de quatre filles et de deux garçons de notre âge.
De vrais mannequins, je me sentis ridicule avec mon short noir troué et mon débardeur kaki dépassé.
Ce que je pus haïr Ben à cet instant, il me prit par les épaules et me plaça devant ses nouveaux amis.

-Je vous présente ma petite s½ur, Alexis.
-Enchantés.
Dirent-ils à l'unisson.
-Hum... Les ignorant. Tu me passes les clefs, s'il te plait?

Il me lança un regard furieux pour mon manque de politesse, puis me refila les clefs.
Je fis marche arrière et déposa tous mes livres sur la banquette et claqua violement la portière.
Lorsque je me retournai le petit groupe était juste à côté de moi, ils m'étudiaient tous dédaigneusement.
Mal à l'aise.

-Ils nous proposent d'aller boire un verre... Me susurra Ben, réjoui.
-Et je suppose que tu veux y aller? Il acquiesça. Je présume que je n'ai pas le choix, aussi...
-Pas vraiment. Mais tu peux toujours rentrer à pieds si ça te chante.
Plaisanta-t-il.
-Ah oui?
-Tu ne vas pas...
-Il y a un problème?
Demanda une blonde pulpeuse. J'ouvris la bouche, parée à répondre.
-Non, non. C'est juste que ma s½ur est une grande timide.
-Elle est mignonne!
Elle s'esclaffa imitée par ses amis.

« Mignonne! Mignonne! Espèce de... »


**


Deux heures plus tard.


Je regardai tristement l'horloge, me demandant quand mon cher frère aurait l'amabilité de me ramener.
Cependant, monsieur était tellement bien entouré qu'il m'avait totalement oublié.
Je me tournai vers la tablée, et écoutai distraitement les jumelles Gloria et Sofia raconter leurs âneries.
Deux blondes sulfureuses de dix huit ans aux beaux yeux azurs.
Leurs amies Dana et Cassidy buvaient littéralement leurs paroles, comme si c'était Dieu.
J'en aurai pleuré d'être coincée ici par un si beau temps, alors que je pourrai être en train de faire de la photographie voire même jouer de la guitare dehors.
Morose.
Je m'étais fait avoir une fois de plus en voulant faire plaisir à Ben, je le lorgnais un instant.
Nous n'étions pas du même monde avec ces gens, pourtant il était parfaitement à sa place, riant de tout.
Il était heureux, lui.
Tout à coup, une grosse main se plaqua sur mon genou et remonta jusqu'à ma cuisse.
Je me redressai d'une manière tellement brusque que mon verre de Coca tomba sur le pantalon blanc de Cassidy, une petite brune aguichante qui ne semblait pas m'aimer.

-Mais tu ne peux pas faire attention, petite sotte! Lâcha-t-elle, la main disparut.
-Qu'est ce que tu as fait encore? Ben coupa les deux blondes affriolantes qui ne semblaient pas apprécier ce désintéressement soudain, des regards noirs.
-Je... Euh...
-C'est de la faute de mon frère.
Avoua Dana, en m'adressant un sourire espiègle.
-Elle m'a bousillé mon jeans Levis. Déclara Cassidy en pleurnichant.
-Au moins tu ne porteras plus cette horreur... Chuchotai-je, les deux garçons en face pouffèrent.
-Alexis! Tonna Ben.
-N'engueule pas ta s½ur! C'est de ma faute, Ben. Confessa Chris, un Josh Hartnett aux yeux bleus.
-Oui, pis ce n'est que du Coca. Cassie en fait beaucoup pour rien. Annonça son meilleur ami, Max.
-Bon, très bien!

« Bon, très bien? »

Renfrognée.
J'étais vraiment déçue par l'attitude de mon frère, il préférait pardonner ses nouveaux amis, gosses de riches, plutôt que sa propre frangine.
Il badinait là, sur sa chaise de jardin bleue, attirant tous les regards.
Ce n'était pas mon frère adoré, mais de nouveau, le capitaine de l'équipe de football et moi l'incruste.
Sans s'en rendre compte, Ben avait creusé un fossé entre nous, négligeant nos liens de parentés.
Je préférais encore me faire attaquer par des fantômes dangereux que subir ces personnes superficielles.
Furibonde.

-Tu veux un autre Coca? Je levai les yeux vers Dana, rayonnante.

Elle ne ressemblait pas au reste des filles, elle était bien plus naturelle et surtout plus attentionnée.
Elle avait vingt ans et malgré notre différence d'âge, elle prenait plaisir à discuter avec moi quand ses amies n'accaparaient pas toute son attention.
Elle étudiait à Harvard, et était uniquement venue ici pour passer ses vacances en famille, spécialement pour profiter de son petit frère, Chris.
Ce dernier avait tout juste dix sept ans, il était capitaine de l'équipe de Baseball et connaissait les jumelles qui étaient des pom-pom girls.
Il n'y avait pas vraiment de similarités entre Dana et Chris, si ce ne fut leurs magnifiques yeux et leur couleur de cheveux.

Les yeux pétillants de malice, Dana me gratifia d'un sublime sourire.
-Non, merci. Je rougis.
-Tu es sûre? Je peux aller te le chercher, si tu veux. Max plongea son regard vert dans le mien.
-Hum. Je secouai négativement la tête.

Il me sourit avant de ne reprendre son conciliabule avec son compère.
Max était le meilleur ami de Chris depuis un an, suite au redoublement de Chris et leur passion pour le basket, les deux jeunes hommes s'étaient vite liés d'amitié.
Max était un garçon très séduisant avec son piercing argenté à l'arcade, ses cheveux châtains décoiffés et son regard vert clair.
Alors que je détaillai furtivement le jeune homme, celui-ci le découvrit et s'en amusa.
Effronté.
Piquée au vif, je fis mine d'être intéressée par la conversation entre les Bimbos et mon frère.
Ceux-ci prévoyaient déjà de se revoir, à mon plus grand désespoir.

-Cette semaine, j'ai la maison pour moi tout seule. Mon père doit aller à une réunion à Boston. On pourrait se baigner dans ma piscine. Proposa la belle Cassidy.
-Oui, c'est une superbe idée. S'enjoua Gloria. Et même faire un barbecue. Dis, tu veux bien, Ben?
-Avec grand plaisir.
-Moi aussi je suis partante!
Assura Sofia. Et vous?
-Je dois voir avec mes parents, mais je pense que ce sera bon.
Annonça Max.
-Nous on vient. Révélèrent les frangins.

Je triturai calmement mes doigts, me concentrant sur une peau morte, quand j'eus la désagréable sensation d'avoir tous les regards posés sur moi.
Effectivement.
Mes joues s'empourprèrent, nerveuse.

-Et toi, Alexis? M'interrogea Max.
-Euh... Je fis une moue. Je ne sais pas trop.
-Allez ça peut être sympa.
M'encouragea Dana.
-Ne te sens pas obligé de venir, surtout. Insista Cassidy, en caressant ses cheveux ondulés.
-Dans ce cas...
-Elle se fera un plaisir de venir.
Intervint Ben avant que je ne dise quelque chose d'odieux, il fronça les sourcils. D'ailleurs tu devrais remercier Cassidy pour sa gentillesse...
-Bah voyons.
Murmurai-je, croisant les bras sur ma poitrine.
-Je sens qu'elle s'entendra bien avec ton arriéré de frère. Railla Gloria. Ils sont de la même espèce.
-Des vrais paumés.


Les trois jolies jeunes femmes se mirent à glousser comme de grosses dindes.
Vexée.
Mon frère ne vint même pas prendre ma défense, ni même ceux qui semblaient m'apprécier, un peu.
J'étais tellement furieuse qu'aucune insulte ne réussit à sortir de ma bouche, la gorge nouée de rage.

« Bouge-toi, Alexis. Allez!»

Je me déplorai de mon manque de cran.
Je n'avais rien à faire avec eux, j'aurai du rentrer depuis longtemps.
Elles continuaient de s'esclaffer; telle une cocotte minute, j'étais prête à exploser.
Mais comme à mon habitude, j'allais tout contenir pour finalement m'affaler dans mon lit et pleurer toutes les larmes de mon corps, faible.

« Je donnerai n'importe quoi pour avoir la force de partir. N'importe quoi...»
Pensais-je.

-On dirait qu'elle va pleurer. Nota Cassidy, un sourire diabolique sur ses lèvres roses.
-Oh, tu as froissé le bébé, Gloria. S'amusa Sofia, en me pointant du doigt.
-Taisez-vous, espèces de grosses truies. Braillai-je, je me levai et donnai un violent coup dans ma chaise de plastique.

Tous écarquillèrent les yeux.
Je ne comprenais pas ce qu'il venait de se produire, jamais je ne m'étais conduite de cette manière.
Je me sentis alors vulnérable, c'était comme si une personne était en train de me manipuler.
Un simple pantin.
Cette impression d'être tranquillement installée au fond de son fauteuil et de regarder le film de votre vie à travers vos yeux.
Celle qui avait parlé n'était pas moi, jamais je ne me serai permis de dire ça tout haut, en aucun cas.
Subir au lieu d'agir.

-Alexis! Tonna immédiatement mon frère.
-Va te faire foutre! C'est toi qui a besoin d'amis pour te sentir aimé. Moi je n'ai pas besoin de ces... Je portai la main à ma tête, une douleur insupportable. Ces...
-Alexis, ça va?
Max se souleva de son siège, inquiet.
-Je... Non.
-Elle est toute pâle.
Constata Dana, soucieuse.
-Alexis?

Une main se posa sur mon bras, un contact brûlant.
La pièce tournait autour de moi, je fermai mes yeux et respirai difficilement.
Des centaines de voix.
J'avais la sensation d'être dans un manège, mes jambes prêtes à se dérober sous mon poids.

-Alexis? Je perçus celle de mon frère.

J'ouvris les yeux et distinguai son t-shirt rouge et un noir, sûrement celui de Max.
L'un d'entre eux me caressa l'avant bras, une lutte à l'intérieur de mon corps.
Un sentiment de jalousie.

« Allez file, maintenant »
M'ordonna une voix suave.

Je bousculai brutalement mon frère et Max, puis me dirigea vers la sortie du café, sans l'avoir décidé.
Des gouttes de sueur coulaient le long de mes joues.
Mon c½ur battait la chamade, et j'avais l'impression que l'air que j'avalais était des lames de rasoirs.
J'étais au bord du malaise vagal.
Une personne m'interpella, toutefois je poursuivis ma descente sans pouvoir me retourner vers elle.
Feu rouge pour piéton, je me stoppai net, titubante.

« Qu'est ce qu'il m'arrive? »

Un bourdonnement dans les oreilles.
Je plaquai ma main droite contre ma bouche, persuadée que j'allai rendre mon déjeuner.
Les voitures se suivaient, je les regardai circuler dans un état second, devenue spectatrice de ma vie.
Souffreteuse.
Un bus passa devant moi, déplaçant de l'air frais, je fermai les yeux savourant cette subite fraîcheur.
Lorsque j'ouvris de nouveau les yeux, je le vis, de l'autre côté du trottoir.
Ses yeux bruns me transperçant, il me souriait de cette façon envoûtante.
Brendon.
A la seconde même un énorme camion me boucha la vue.
Une fois qu'il m'eut dépassé, Brendon avait disparut.

« Je ne vais vraiment pas bien! »

Le feu passa au vert.
Des passants me poussèrent, néanmoins j'étais déterminée à ne pas avancer d'un pouce.
Je venais de reprendre mes esprits, un moment de clairvoyance.
Tout le brouillard qui m'entourait auparavant venait de se pâmer, totalement idiote.
Je devais retourner vers les autres, m'excuser et demander à Ben de me ramener à la maison.
Résolue.
Je m'apprêtai à repartir quand ma jambe droite se mut sur le passage pour piétons suivie par la jambe gauche.
Inconcevable.
Je cherchai à me retenir à quelque chose, mais j'étais seule au beau milieu de la route.
J'étais en plein délire, tout cela relevait de la fiction.
C'est ça.
Je m'étais endormie et je faisais juste un horrible cauchemar, tout ça n'était pas réel.
La main clignota, m'indiquant je devais me dépêcher d'atteindre l'autre trottoir.

« Non! Tu as du t'assoupir!»

Je voulais que tout cela cesse, maintenant.
Le mauvais rêve avait assez duré, il était temps que je me réveille.
Avec une volonté extraordinaire, je m'immobilisai sur la chaussée.
Main rouge.
D'une minute à l'autre les voitures démarreraient et l'une d'entres elles me renverseraient.
Ensuite, je me réveillerai dans ma chambre et me souviendrai brièvement de cet exécrable songe.
Un sentiment de frustration puis de rage intense.

« Arrête de lutter, Alexis! »
Hurla une voix dans ma tête.

-Mais...

Des klaxons.
Le temps que je me retourne, une multitude de voitures se dirigeaient vers moi à pleine vitesse.

-Non!!!!!!!!!!!


**


Comme si j'immergeais du fond de l'océan.
Une inspiration.

La clarté du jour me piqua les rétines, je clignai à plusieurs reprises mes paupières.
J'étais allongée sur mon lit, Sally dormait paisiblement à mes côtés.
J'avais terriblement mal au crâne.
Un sursaut.
Des images me revinrent en mémoire, cette sortie à la bibliothèque, les amis de Ben, la dispute, le passage pour piéton et la carrosserie rouge de ce break.
Un rêve?

Un boucan dans le couloir m'alerta, angoissée.
La porte de ma chambre s'ouvrit à la volée, Ben y pénétra arborant sa tête des mauvais jours.
Il se planta devant moi, un regard révolver, c'était la première fois que je le voyais aussi fâché.

-Mercredi, tu viendras à la fête de Cassidy et tu auras intérêt de t'excuser. Prévint-il. Que tu le veuilles ou non, ça, je n'en ai rien à foutre! Tu entends! J'ai joué des pieds et des mains pour te faire pardonner alors tu n'as pas intérêt de me refaire une scène comme toute à l'heure! D'accord? Brailla-t-il en agitant ses mains.

« Ce n'étais pas un rêve! »

-Mais... Abasourdie.
-Il n'y a pas de mais. C'est une nouvelle vie qui commence pour nous. Et je n'ai pas envie que tu sois encore une fois mon fardeau! J'ai vécu ça assez longtemps au Connecticut! Et j'en ai marre d'être le frère d'une marginale dont tout le monde se moque! Dévoila-t-il. Compris?!
-COMPRIS! Criai-je en me brisant la voix, les larmes m'aveuglant.
-Je ne te supporte plus, Alexis! Je regrette de t'avoir comme s½ur!

Il me considéra un instant, puis quitta la chambre et claqua violemment la porte.
Ses pas résonnèrent bruyamment dans les escaliers.
Prise de sanglots.
Je me relaissai tomber sur le matelas, ressassant ce que mon frère venait de me dire.
Son fardeau.
Une marginale dont tout le monde se moque.

Ses mots m'avaient blessée comme des lames de couteaux, me poignardant en plein c½ur.
J'étais consciente que je n'étais pas la s½ur idéale, mais je ne méritais pas tout ce qu'il venait de dire.
Déprimée.
Sally colla sa frimousse contre ma main, ronronnant doucement.
J'avais la nette sensation qu'elle voulait me faire savoir qu'elle était là, elle.

-Ca ne suffit plus, Sally.

Je la repoussai.
Je m'emparai d'un coussin et le serrai fort contre mon corps.
Tout ça avait été malheureusement vrai, et sûrement cette histoire de passage piéton.
Pourtant j'avais toujours l'impression d'être dans un mauvais rêve, tout était brumeux.

-Vous auriez du me laisser mourir! Hurlai-je, brisant le silence de la pièce. Vous auriez du... Je ne veux plus de ça... Je ne suis plus assez forte pour ça... Couinai-je.

Sally miaula.
Mais je ne fis pas attention, plus rien ne m'importai.
J'étais bien trop occupée à pleurer sur mon sort, à me lamenter de cette vie que je détestais.
Le chaton sautilla jusqu'à l'autre bout du lit et se coucha sur une énorme tâche rouge séchée.
Du sang.



[150]

# Enviado el martes 09 de junio de 2009 12:09

Modificado el martes 09 de junio de 2009 12:54

Chapitre 4: Qu'est ce qu'on me veut ici?

Chapitre 4: Qu‘est ce qu‘on me veut ici?
L'ampoule de la salle de bain clignotait toutes les trente secondes, un grésillement incessant perturbait cet imposant silence.
Des gouttelettes d'eau coulaient le long de la paroi de la douche, certaines terminant cette course sur la céramique blanche parsemée de taches rouge.
Du sang.
Je me tenais devant le lavabo, observant mon reflet dans le miroir tout juste épongé.
Ma peau était massacrée par des hématomes et des entailles aussi grosses que des coups de couteaux.
Je portai doucement ma main droite à cet énorme bleu que j'avais au niveau de ma cinquième côte.
Une couleur violine.

« Un désastre... »

Souvenirs brumeux.
Je me rappelai vaguement ce qu'il s'était passé dimanche, des trous noirs que je ne savais combler.
Que s'était-il passé entre le passage piéton et la dispute avec mon frère?
Et pourquoi me remémorai-je le visage de Brendon?

Une chose était certaine, j'étais bien amochée extérieurement et, plus sérieux, intérieurement.

-Alexis! Hurla ma mère depuis la cuisine.

Je soupirai.
Je m'habillai rapidement en prenant le soin d'enfiler un gilet à manches longues pour tout camoufler.
Je sortis de la salle de bain pour débarquer dans ma chambre, Sally dormait paisiblement sur le lit, son petit corps se soulevant et s'abaissant sur le rythme de sa respiration.

-Alexis! Répéta ma génitrice, de façon plus irritée.

Je soufflai bruyamment.
Je me hâtai de descendre, même si chacun de mes mouvements m'était horriblement douloureux.
Ma mère attendait sagement sur l'une des chaises de la cuisine, un magasine devant les yeux et sa tasse bleue posée sur le plan de travail carrelé, fumante.

-Quoi?
-Je croyais que c'était à ton tour de ranger le garage, aujourd'hui.
Dit-elle, en levant ses yeux vert de son torchon pour femmes au foyer.
-Il n'est que neuf heures...
-Oui, mais à quatorze heures nous allons en ville faire les boutiques. Ton frère a besoin d'un blouson en cuir et moi d'une nouvelle paire de chaussures...
-Oui et bien... Je n'ai besoin de rien, moi. Et je n'ai pas envie de m'enfermer dans des magasins.
Répondis-je sèchement, ma mère fronça ses sourcils châtains.
-Mais, tu avais dit que tu voulais un jeans noir et un gilet pour la rentrée.
-Pas aujourd'hui!
-C'est à cause de la discorde avec ton frère?
-Non.
Je détournai les yeux.
-Il ne pensait pas ce qu'il t'a dit, Alexis.
-Je vais m'occuper du garage.
Lâchai-je, en cheminant jusqu'à la porte.
-Tu ne veux toujours pas...
-Non!


Je claquai violemment la porte, j'avais une fois de plus les larmes aux yeux.
Personne ne comprenait la peine que m'avait causée mon frère, et à quel point je lui en voulais.
Ils cherchaient tous à l'excuser.
Comme s'il avait simplement abimé l'une de mes affaires, sauf que c'était mon c½ur qu'il avait brisé.
Ses mots étaient impardonnables et même si c'était mon grand frère adoré, je n'avais pas l'intention de passer outre aussi facilement.
Pas cette fois...


**


Une chaleur étouffante.
J'évitai tant que possible de m'exposer au soleil, profitant de la fraîcheur et la pénombre du garage.
J'étais en train d'y passer le balai quand ma mère me fit signe depuis l'allée.
Vêtue d'une légère robe rose et de nus pieds dans les mêmes tons, elle agitait sa main tel un éventail.
J'ôtai mes écouteurs.

-Tu es sûre que tu ne veux toujours pas venir?
-Non!
Soufflai-je.
-Bon, si tu as besoin de quoi que ce soit, Ben et moi avons nos portables. M'avertit-elle en ajustant ses lunettes de soleil sur son petit nez retroussé.
-Ok.
-Dans ce cas...
-Bon après-midi, maman!


Elle me considéra un instant avant de ne se dérober vers l'avant de la maison, où Ben l'attendait au volant de sa voiture noire.
J'attendis que l'automobile démarre enfin pour reprendre mes besognes, la musique dans les oreilles.
La tête vide, je me concentrai sur la façon la moins douloureuse de balayer en évitant au maximum d'avaler de la poussière, tâche plus difficile qu'il n'y paraissait.
Silently, Elliot Minor.
Je fredonnai la mélodie tout en déplaçant un énorme carton qui obstruait le passage quand je perçus une ombre à quelques mètres de moi.
Un soubresaut.

-Salut!
-Euh... Je... Tu...
Je retirai prestement mes écouteurs, le c½ur battant à cents à l'heure. Salut. Je me sentis rougir lorsqu'il planta ses yeux bruns dans les miens.
-Je suis désolé de t'avoir fait peur, je pensai que tu m'avais vu venir.
-Hum... Non... Ce n'est pas grave.
Bafouillai-je, embarrassée.
-Tu vas bien?
-Hum, et toi?
-Hum ça veut dire oui dans ton jargon?
Il s'amusait de me voir si gênée par sa présence.
-Je... C'est... Ca veut dire... Oui... Enfin... Il rit de bon c½ur. Et toi? Je lui lançai un regard hargneux. Monsieur je fais peur aux filles et je me fous d'elles ensuite. Il fit une grimace.
-Je ne me moque pas du tout de toi.
-Et bien, on dirait.
Bougonnai-je.
-Ca va, merci. Dit-il pour changer de sujet, se grattant le cuir chevelu.
-Ok.

Un silence pesant s'installa entre nous.
Brendon avait le don de me mettre mal à l'aise, sûrement parce qu'il était différent de la plupart des garçons que j'avais pu connaître.
Et que de ce fait, je n'avais pas envie de dire un mot de travers de peur de le faire fuir.
Tracassée.

-Comment ça se fait que tu restes ici par un si beau temps? Je me redressai, surprise.
-Euh... C'était soit ça, soit j'allais faire des courses avec mon frère et ma mère.
-Je croyais que les filles étaient branchés shopping. Il
me scrutait de manière hautaine.
-Pas moi. Je tirai nerveuse sur la manche de mon gilet, Brendon le nota.
-Tu es malade? Demanda-t-il, soucieux.
-Pourquoi?
-Et bien il doit faire plus de trente degré et toi tu es en gilet...
-Je...


Sans prévenir, le jeune homme s'empara de ma main et remonta la manche en laine.
Un contact glacé.
Il semblait horrifié par ce qu'il voyait, un voile sombre s'abattit sur son joli minois.
Soudain, il me souleva mon T-shirt gris jusqu'à ma cinquième côte, tout naturellement.
Je le laissai faire, étant dans l'incapacité de lui dire d'arrêter ou même de le souhaiter.
Curieusement délectable.

-Tu t'es fait ça quand? Je me mordis les lèvres, confuse.
-Dimanche.
-Comment?
Il me questionnait d'une façon agressive, c'était incompréhensif.
-Je... Je ne sais pas... Je... J'ai fait un malaise et je pense être tombée. Baragouinai-je, quelque peu désorientée par cette pugnacité dans sa voix.
-Un malaise? J'acquiesçai nerveusement. Tu as été voir un médecin?
-Non, ça va passer. Beaucoup de bleus ont disparut depuis...
-Tu en as parlé à quelqu'un?
Il me coupa rudement, la réponse semblait être capitale à ses yeux.
-Je... Euh... Non. Enfin... Toi, maintenant.
-Ok.


Un flash.
Je me rappelai d'avoir vu Brendon de l'autre côté de la route ce jour là.
Je le dévisageai un instant, cherchant pourquoi j'avais pensé à lui dimanche.

-Dis... Je peux te poser une question, en plus de celle-ci?
-Tu n'as pas besoin de demander, tu sais.
Son air arrogant me séduisit une fois de plus.
-Euh... Tu... Dimanche, tu étais à Brooklyn? Les yeux dans les yeux.
-Non. Je suis allé voir ma famille dans le Bronx, c'était l'anniversaire de mon cousin.
-Ah...
Je fis la moue.
-Pourquoi?
-J'avais cru te voir. Enfin, ça devait être quelqu'un qui te ressemblait.
Je me tus, rassemblant les nouvelles informations qu'il venait de divulguer. Tu vis dans le Bronx?
-Pas exactement. J'ai emménagé chez ma copine depuis quelques mois.
-Ta copine?
Ma voix changea subitement, marquant ma déception.
-Oui. Il me contempla, amusé. T'es sûre que ça va? Un léger sourire sur ses lèvres pulpeuses.
-Euh... Oui... Pour... Pourquoi?
-Je sais pas. T'as soudainement l'air d'être triste.
-Non, non. Mais tu n'es pas un peu jeune pour t'installer avec une fille?
-J'ai vingt et un ans, tu sais.
-Ah... Tu ne les fais pas.
J'étais inapte à lui cacher mon chagrin. Vous allez vous fiancer?
-De... De quoi?
Il fit une adorable mimique.
-Avec ta copine! Maugréai-je, énervée par son attitude désinvolte.
-Ah... Je vois! Il me fit un large sourire et se frotta sa barbe brune naissante. C'est vrai que lorsqu'on dit 'ma' c'est une manière de s'approprier la chose... Comme on dirait mes chaussures parce que je les porte. Il rit. Haley n'est pas ma petite amie mais juste une amie d'enfance qui vit avec son fiancé et qui a accepté de m'héberger un certain temps chez elle.
-Ah...
-Rassurée?
-Mais... Je... Je n'étais pas.
Je toussai soudainement, fortement.

Du sang.
Ma main droite fut saupoudrée de gouttelettes rouges.
Je m'empressai d'essuyai ça sur mon pantalon noir, troublée.
Lorsque je levai les yeux vers Brendon, ses prunelles brunes foncées virèrent dans un noir corbeau.
Il se pinçait les lèvres et l'une de ses veines était plus visible qu'à la normale, dans une fureur folle?

-Ca t'arrive souvent? M'interrogea Brendon, sa voix trahissant une sorte affolement.
-Depuis dimanche.
-Fais chier!
Pesta-t-il, il donna un coup de pied dans un caillou.
-Pourquoi tu... Il se crispa brusquement, pivotant la tête vers la maison.
- Je... Mon patron m'appelle. Il me contempla, défait.
-Mais...

Déroutée.
Je n'avais entendu personne l'appeler, de plus il ne semblait pas avoir de bipper ni de téléphone portable dans les poches de son jeans troué.
Soudain, je lus de la panique dans son regard ténébreux, il se triturait les mains nerveusement.
Un changement d'humeur brutal.
Était-ce la vue du sang qui l'avait mis mal à l'aise?

Il tourna rapidement la tête vers la porte de la cuisine, il soupira et me quitta brusquement.
A mi chemin entre le garage et la maison voisine, il pivota.

-J'essayerai de passer après avoir finit mon job. Hurla-t-il, en m'adressant un sourire confus.
-Mais... Il se mit alors à courir. Ok. Murmurai-je.

A l'instant même, la porte de la cuisine s'ouvrit sur mon père, en costume noir.
Il me scruta comme s'il avait en face de lui un extra-terrestre, la bouche grande ouverte.
Un nigaud.
Tout en s'étirant, il marcha jusqu'à moi en jetant un ½il au travail que j'avais accomplit.

-Tu es folle d'avoir fait tout ça. Avoua-t-il, une fois à mes côtés.
-Il fallait le faire de toute façon...
-Oui, mais je croyais que tu devais aller avec ton frère et ta mère aux magasins?
-Pas envie!
-Tu es malade?
-Pourquoi tout le monde ça?
Dis-je, en espérant convaincre par cette pseudo lassitude.
-Tout le monde? Une drôle de moue.
-Oui, Brendon a dit ça quelques minutes plus tôt.
-Brendon?
Il réfléchit un court instant. Le gars qui t'as tapé dans l'½il?
-Papa...
-Quoi?
Il se mit à rire en me voyant rougir. Un de ces jours il faudra que tu me présentes ce petit...
-Hum. Bah on verra.
Je soufflai, tout en ajustant mon gilet.
-Allez... Rentre à la maison. Je vais finir ça!
-Mais...
-Tu es toute pâle et quand ma fille porte un gilet avec trente trois degré dehors, je pense qu'elle serait bien mieux allongée sur son lit qu'à balayer le garage.
-Mais...
-Allez! De toute manière je suis spécialement rentré plus tôt pour m'occuper de cette ruine.
-Très bien.
Je lui tendis le manche du balai. Si jamais tu as besoin de...
-Ca ira, Alexis.
Il me caressa la joue. Va te reposer.
-Hum...


Je lui fis un bref signe de la main avant de ne me subtiliser jusqu'à la cuisine.
Je pris la bouteille de jus d'orange et m'en servit un verre.
Désaltérée.
Je montai ensuite les trois étages pour rejoindre ma chambre, l'une des pièces les plus froides.
Sally l'avait déserté, cependant j'étais beaucoup trop épuisée pour partir à sa recherche.
Je posai mon Ipod sur la commode.
Puis je m'allongeai de tout mon long sur le matelas moelleux, savourant ce confort.
Fixant le plafond blanc marqué par des fissures.
Je repensai à l'attitude étrange de Brendon quand il m'avait vu tousser.
J'avais beau chercher, je ne saisissais pas cette colère soudaine que j'avais lu dans son regard.
Comme s'il s'en voulait.

« Mais de quoi? »

Trop de questions sans réponses.
Je finis par sombrer dans un sommeil profond.


**


Un néon m'aveuglait.
J'étais étendue sur une table d'opération, inconfortable.
Il faisait horriblement froid, malgré le drap blanc qui me recouvrait.
Je percevais sur ma gauche des chuchotements, peut être ceux de médecins.

-...Plus rien à faire...
-...Inadmissible...
-...Un cas de conscience...


Ce charabia ne voulait rien dire pour moi.
Soudain, je distinguais un bruit familier, celui qu'on entend chez le dentiste.
Une scie.
C'est à cet instant que l'un des médecins recouvert d'une blouse s'approcha de moi.
Un masque vert sur la bouche, pourtant je le devinai souriant, il brandit l'engin devant mes yeux.

-Ca soulagera tous tes maux, Alexis. Tu verras.

Un hurlement.
Le métal entra en collision avec ma peau, un son atroce.
Le masque du médecin fut coloré d'un rouge vif, mon sang.
Soubresauts.

-Brendon, ça suffit! Ordonna une voix féminine dans un coin de la pièce.
-Certains guériront d'eux même.
-Mais...
-Brendon?
Demandai-je en scrutant le regard brun du docteur.

Un violent choc.
Je clignai des paupières, me perdant entre la salle d'opération et ma chambre.
Tamisée.
Brendon se tenait près de ma fenêtre, sur le point de s'enfuir par celle-ci.
Cela ne m'inquiéta pas, au contraire, je fus subitement rassurée.

-Brendon? Je me vis lui présenter ma main.
-Chut! Il mit son doigt sur ses lèvres rouges.

Tout à coup, je reçus une sorte de coup sur le front, ma vue se brouilla.
Noir total.
Je distinguai quatre voix, dont la sienne.
Les personnes autour de moi semblaient se disputer quelque chose.

- Va-t'en! Hurla un homme.

Papa?
J'entendis des pas sur ma droite.
Mais je ne savais plus dire si c'était dans ma chambre ou l'hôpital.
Entre deux eaux.
Je me laissais complètement aller dans cet étrange rêve.


**


-Alexis!

Sursaut.
J'ouvris difficilement les yeux, une lumière artificielle m'éclairait.
Il devait être vingt et une heure passée.
Encore allongée.

-Alexis! Répéta une voix masculine.
-Hum?

Je me redressai lentement, Ben se tenait dans l'encadrement de la porte, les bras croisés.
A en juger par son regard devenu sombre, ce qu'il allait me dire n'était pas plaisant.
La bouche pâteuse, je me frottai mollement les yeux.

-Papa m'a dit que tu étais malade, et que tu avais du te coucher... Commença-t-il.

« Malade! Malade! »

Paniquée à l'idée que mon frère découvre mes lésions.
Furtivement, je baissai les yeux vers mes bras nus, il n'y avait pratiquement plus de séquelles.
Si ce ne fut quelques blessures cicatrisées ou des tâches virant au jaune.
Incroyable.


« Comment cela peut être possible? »

-Tu m'écoutes quand je parle, Alexis? Ben était à un mètre de moi, furibond.
-Quoi?
-Que tu sois malade ou non, demain tu iras avec moi chez Cassidy! Tu entends!
Il avait élevé la voix.

Un sifflement dans mes oreilles, suivit d'une abominable douleur au front.
C'était comme si un marteau piqueur me perforait ardemment le cerveau.
Une larme coula le long de ma joue.

-Et ne joues pas à ça avec moi, Alexis! Tes larmes ne serviront à rien! Râla-t-il en tapant du pied.

Je fermai les paupières, un court instant, ne supportant plus ce mal de tête.
Un flot d'images.
Je me revis installée sur cette table d'opération glacée, puis devant ce médecin.
La sensation d'avoir encore ce drap blanc sur mon corps nu.
Un flou total.
Quand soudain le visage de Brendon s'imposa à moi, avec son sourire magnifique.

« Brendon! »

-... Tu as intérêt à...
-Tu me soules.
Je le toisai. Je viendrais à ta foutue fête demain alors maintenant fiche moi la paix, veux-tu! Et dégage de ma chambre, Ben!

Il me considéra une longue minute, désarçonné par la manière dont j'avais osé lui parler.
Il me fusilla du regard avant de ne claquer agressivement la porte, puis, il descendit furieux les escaliers pour s'enfermer dans sa chambre.

-Brendon. Marmonnais-je.

Je me soulevai de mon lit, puis marcha jusqu'à l'une des deux fenêtres de ma chambre.
Il avait été là, j'en étais persuadée.
Mais était-ce dans mon rêve ou en réalité?
Il m'était impossible de faire la différence à présent, tout se mélangeait.
C'était comme si je n'arrivais plus distinguer ce que je vivais et ce que je rêvais.

Je m'abaissai et caressai le plancher, espérant y déceler une trace marquant sa présence.
Un papier.
Il était déposé sur rebord de ma fenêtre, se mouvant légèrement au gré du vent.
Je le pris du bout des doigts et le porta jusqu'à mes yeux.
Une écriture fine, comme si cela avait été écrit à l'encre noire.

[Tu devrais fermer ta fenêtre, on peut facilement entrer. Remets-toi bien. Brendon.]

Je n'étais donc pas folle.
Il avait bien été dans ma chambre, j'avais seulement du l'intégrer à mon cauchemar.
J'étais sur le point de retourner m'étendre sur mon lit quand je me tournai vers la fenêtre.

« Il est fou! »

Brendon avait emprunté le sapin touffu qui montait jusqu'à ma chambre pour me rendre visite.
Quelques branches du vieil arbre s'étaient brisées sous son poids.
J'observai pensivement les stigmates de son passage.
Égarée.
J'avais résolue la question de Brendon, cependant qu'en était-il de mes écorchures?
Il se passait quelque chose d'anormal dans cette maison, aujourd'hui j'en étais certaine.
Je ne voulais pas croire aux esprits mais encore une fois j'en avais la preuve.
Ces excoriations ne pouvaient pas être partie toutes seules, alors comment, qui et pourquoi?
Intruse.
Ils avaient étaient clairs là-dessus, alors pourquoi maintenant me soignaient-il?
Un rapide coup d'½il dans ma chambre, je n'étais pas aussi seule que je le croyais...

« Qu'est ce qu'on me veut, ici? »





***


J'espère que ce chapitre vous plaira.
Avez vous eu votre réponse pour le sang du chapitre précédent?
Que pensez vous de Brendon?
Alexis fait un drôle de cauchemar, des suggestions?
Une petite idée sur la guérison miraculeuse d'Alexis?


Une pensez pour vous tous depuis St Jean de Luz...
Vous me manquez.


Take Care.


***



[150]

# Enviado el viernes 12 de junio de 2009 04:49

Chapitre 5: Une journée normale ou presque...

Chapitre 5: Une journée normale ou presque…
Mercredi, jour fatidique.
Mon frère et moi avions rendez vous pour les seize heures chez la belle Cassidy.
Nous étions tenus de ramener notre maillot de bain ainsi que des victuailles pour le barbecue.
J'avais laissé mon frère se charger de ce dernier détail, préférant m'occuper de choses plus captivantes.
En l'occurrence des livres que j'allais prendre pour me passer le temps au bord de la piscine, ou encore une tenue adéquate pour camoufler un maximum d'écorchures qui n'avaient toujours pas guéries.
Un choix difficile.
Je pouvais toujours prétendre être indisposée pour éviter de me montrer en maillot de bain, mais il était hors de question que j'y aille en gilet et pantalon.
J'avais donc opté pour un petit mensonge de rien du tout afin de m'éviter les réflexions désobligeantes des amis de mon frère.

Il était à peine quinze heures trente que notre voiture noire se garait devant l'une des plus belles maisons de la 15 th Avenue.
Ben coupa le moteur et se hâta de sortir de son taudis pour aller chercher nos affaires dans le coffre, tandis que moi, je regardai pensivement cette splendide demeure.
Impeccablement entretenue.
Lorsque Ben claqua violemment le coffre, la faisant trembler, une silhouette apparut sur le perron.

-Ben! Cria Cassidy, en agitant sa main.
-On est un peu en avance. Avoua Ben, sur le même ton.
-Ce n'est pas grave! Au contraire!

Une ombre à ma hauteur, Ben se pencha vers moi, un regard dès plus menaçant.
Il pointa son index au niveau de mon nez, me faisant légèrement loucher.
Ses yeux verts envoyaient des éclairs invisibles qui me transperçaient de part en part.
Craintive.

-Toi, ne fais rien qui pourrait me nuire! M'ordonna-t-il, ses lèvres fines se mouvant à peine.
-Tu me dis ça parce que tu sais que je n'ai rien à perdre ou parce que tu crois que c'est en me menaçant comme tu le fais que je serai plus courtoise avec toi et donc eux? Je plongeai mes yeux bleus dans les siens.
-Ce sont mes amis!
-Et pas les miens.
Je poussai la portière, le cognant dans le bassin. Je suis venue ici pour toi, et ne l'oublie pas. Alors tes menaces à la con, tu te les gardes. Ok?

Il acquiesça, troublé.
C'était la première fois que j'osais lui parler de cette manière, sans prendre de gant.
Auparavant je préférais garder pour moi toutes les réflexions de ce genre, mais à quoi bon, quand je voyais comment Ben me considérait.
Je sortis de la voiture, une jambe après l'autre, et pris tout mon temps pour rejoindre notre hôtesse.
Celle-ci me dévisagea un bref instant, avant de ne sauter dans les bras musclés de mon grand frère.
Un silence.
Ben me fit signe de présenter mes excuses à la belle Cassidy, tout de rouge vêtue.
Je pris une profonde inspiration, figea l'espace de cinq minutes un sourire blanc étincelant et d'une voix faussement rembrunie lui demandai de me pardonner mon attitude odieuse de la dernière fois.
Ben devenait fou, pas dupe.
Mais Cassidy n'y vit que du feu, persuadée que j'étais dès plus sincère et que je m'en voulais vraiment.

-C'est gentil de ta part, Alexis. Je suis vraiment touchée. Elle me fit un large sourire. Bon... Nous n'allons pas rester sur le perron tout de même. Elle s'écarta de la porte béante. Entrez.
-Merci.


Ben et moi pénétrâmes dans un immense hall, dont le sol était recouvert de marbre brillant.
Une décoration chic mais sobre.
Mais nous n'eûmes pas le temps de nous attarder sur la contemplation des lieux que Cassidy nous menait déjà vers sa cuisine dernier cri où étaient installés les jumelles et Max.
Alors que les jumelles sautèrent dans les bras de mon frère, j'eus de leur part un bref signe de la main.
Max se leva difficilement de son tabouret gris métallisé et m'enlaça amicalement avant de ne serrer chaleureusement la main de Ben.

-Il ne manque plus que les Goldberg! Déclara Cassidy, enjouée.
-Oui et après la fête commence. Lancèrent les jumelles en c½ur.

« Et quelle fête... »


***


Il était à peine dix huit heures.
Assise sur une chaise longue, j'épiai par-dessus les pages d'un roman policier mon frère et ses nouveaux amis chahuter dans l'eau d'une énorme piscine carrelée.
De grands gamins.
Les jumelles braillaient dès que les garçons s'approchaient d'elles, tandis que Cassidy se chamaillait avec eux pour retenir leur attention.
Je m'étirai un instant lorsque je vis la belle Dana me rejoindre, deux verres à la main.
D'une beauté naturelle avec son pantacourt en jeans et ses tongs rigolotes.
Elle s'installa lourdement sur le transat à côté du mien et me tendit avec un grand sourire le verre.

-J'ai pensé que tu pouvais avoir soif.
-Merci, c'est gentil.
Je collai mon chewing gum dans un bout de papier.
-De rien. Elle planta ses yeux bleus dans les miens, malicieuse. Tu ne t'ennuies pas de trop avec ton roman de Mary Higgins Clark? Lut-elle sur la couverture.
-Non. Je rougis. En fait je passe beaucoup de temps à lire dans mon coin.
-A ton âge j'étais pareille. Mais bon c'est aussi parce que je voulais aller à Harvard er que je m'en donnais tous les moyens. Je crois que j'ai du lire une bibliothèque entière.
Plaisanta-t-elle.
-Tu t'y plais?
-Oui, je me sens vraiment chez moi. J'ai trouvé des gens qui me ressemblent et je revis.
Elle me fit un clin d'½il avant de ne siroter son Coca Cola glacé.
-Je peux te poser une question, Dana?
-Oui, vas-y.
Elle s'assit en tailleur, ajustant une mèche de cheveux ondulée.
-Qu'est ce que tu fais avec eux? Enfin... Je roulais des yeux. Ils sont...
-Différents de moi.
Nota-t-elle, leur accordant une ½illade. Tu sais, Alexis, je passe toute mon année scolaire avec des gens sérieux comme moi. Je les aime beaucoup et c'est vrai que je prends plaisir à être avec eux. Mais ce sont des personnes qui n'accordent pas beaucoup de temps aux futilités de la vie. Il est rare de faire des fêtes, de sortir ou de s'amuser à notre guise car nous avons nos examens. Si bien que lorsque je viens ici, je me libère de toute cette pression. Ce n'est pas avec eux que j'échangerais des opinions politiques, mais au moins je pourrais rire de rien sans pour autant me faire passer pour une idiote.
-Je vois...
Je lâchai un long soupir.
-Ils ne sont pas méchants, tu sais.
-Ils ne m'aiment pas beaucoup, enfin surtout les jumelles et Cassidy.
-Ca c'est évident.
Elle s'esclaffa lorsque j'ouvris grand la bouche, ne m'attendant pas à ce qu'elle confirme mes doutes de cette manière désinvolte. A partir du moment où elles ont vu au combien tu étais mignonne et plus intéressante qu'elles, elles sont devenus folles de jalousie.
-Tu plaisantes?
-Il n'y a qu'à regarder comment Max et Chris te regardent pour confirmer mes dires.


Elle se tourna vers les garçons, m'incitant à faire de même, mais de manière plus discrète.
Effectivement, Max et Chris, accoudés au rebord de la piscine, ne cessaient de me jeter des coups d'½il.
A la minute même où ils remarquèrent ma subite attention pour leurs personnes, ils se hâtèrent de sortir de la piscine et de venir nous rejoindre.

-Tu vois... Murmura Dana, amusée.

Ils prirent chacun une serviette qui ornait sur une table en bois à deux mètres de nous et se séchèrent brièvement avant de ne prendre place à nos côté.
Embarrassée.
Je savais que les garçons s'intéressaient à moi, mais plutôt parce que j'étais une nouvelle dans leur cercle fermé, et non en temps qu'une potentielle conquête.
Un mutisme complet.
Visiblement, je n'étais pas la seule personne mal à l'aise ici.

-L'eau est bonne? Demanda Dana, pour détendre l'atmosphère et tenter un sujet de conversation.
-Ouais, c'est dommage que vous ne vous baigniez pas, d'ailleurs. Déclara Max.
-C'est ça les problèmes de filles. Railla Chris en jetant un coup d'½il espiègle à sa s½ur.
-Chris, ce que tu peux être puéril parfois! Tonna Dana.
-Je plaisantais, c'est bon.
-Et bien ça ne me fait pas rire du tout...


Alors que les frangins se disputaient, je sentis le regard de Chris posé sur mes multiples blessures.
J'avais prétendu avoir fait une chute dans le grenier alors que je devais le ranger.
Tout le monde n'y avait vu que du feu, même mes parents lorsque j'avais testé cette excuses sur eux.
Un ingénieux prétexte.

-Ton frère m'a dit que tu étais tombée dans le grenier...
-Ouais. Je suis assez maladroite comme fille.
Je lui souris par politesse.
-Mais comment tu as fais?

Au moment où j'étais sur le point de lui répondre, Cassidy débarqua derrière Max et lui déversa totalement un sceau d'eau sur la tête.
Un carnage.
Etant la voisine proche du jeune homme, je fus mouillée tout autant que lui et mon livre de poche fut littéralement détruit.

-Mon livre! Pestai-je, contemplant l'ampleur des dégâts. Un véritable torchon.
-Ce n'est qu'un bouquin. Elle riait, fière d'elle.
-Il appartenait à la bibliothèque publique.
-Oh, quel dommage.
Ironisa la belle brune, tout en s'étranglant de rire.
-Je... Une main se posa sur mon épaule, celle de Dana.
-Il y a une salle de bain à l'étage, tu devrais peut être essuyer tes plaies, certaines saignent à nouveau. Me proposa obligeamment Dana, en me jugeant prête à étripée Cassidy.
-Mais...
-Je vais m'occuper de ton bouquin. J'ai déjà eu des catastrophes similaires.
Elle me fit comprendre que ça ne servait à rien de s'énerver pour si peu.
-Merci beaucoup Dana. Une jolie parenthèse sur son visage bronzé.
-Le dernier à l'eau à un gage. Cria Cassidy en plongeant brusquement de sa piscine et éclaboussant le reste de mes affaires.
-C'est Chris! Hurlèrent les jumelles en gloussant comme des poules.

Je secouai négativement la tête.
Je partis prestement en direction de la porte vitrée de la cuisine, essayant de me calmer.
Mâchoires et poings serrés.
Ce qui me contrariait le plus était ce livre emprunté à la bibliothèque qui était dégradé.
Tout en pensant aux excuses que j'allais fournir à la bibliothécaire, je pénétrai dans la cuisine où une vague agréable de froid s'abattit sur moi.
La climatisation.
Je ne pensais pas que ce serait à Brooklyn que l'on en userait le plus, au contraire.
Une porte en bois me faisait face, je la pris et tomba sur le salon moderne avec un aquarium géant.
Je fis marche arrière et choisis rapidement entre l'une des deux autres portes blanches restantes.
Le hall.

« Dana a dit à l'étage »

Je traversai ce dernier telle une petite souris, et me retrouvai devant la descente d'escaliers.
Sur la pointe des pieds et osant à peine toucher la rampe en pierre, je montai les vingt cinq marches.
Un long couloir clair.
Je posai mon pouce sur mes fines lèvres gercées, essayant de déterminer diligemment laquelle de ces portes menaient à la salle de bain
Je n'aimais pas me promener chez les gens de cette manière, peut être était ce parce que je n'apprécierais pas qu'on le fasse chez moi non plus.
Prise de risque.
Je tentai la première et ce fut un raté monumental puisque je débarquai dans celle de Cassidy, l'impression d'être dans une barbe à papa avec tout ce rose.
Je refermai précipitamment la porte, de peur qu'elle ne sache que je m'y étais introduite par mégarde.
Celle de gauche.
Non plus, si ça continuait j'allais devoir toutes les essayer.
Mais ce ne fut pas le cas puisque la troisième fut enfin la bonne.

Comme le reste de la maison, la salle de bain était très moderne et décorée avec beaucoup de goût.
Devant le miroir, je m'étais armée de mouchoirs et j'essuyai soigneusement le sang qui coulait.
Ce n'était pas grave, comparé à ce que j'avais vécu les jours précédents.
D'ailleurs je ne cessais de m'interroger sur les causes de ces blessures, parcourant les journaux ou espérant me souvenir tout simplement d'un petit détail.
Mais rien.
Et cette guérison miraculeuse n'avait aucun sens non plus.
En tout cas, certainement pas d'un point de vue rationnel.
Cependant lorsque je me laissai aller dans les eaux obscures du paranormal, je discernais quelques détails pouvant coïncider.
Seulement il n'y avait rien de probant, juste des hypothèses abracadabrantes qui une fois mis bout à bout ressemblait plus à une histoire d'horreur pour enfant qu'à ce qu'il aurait pu m'arriver.

« Reprends-toi, Alexis. »

J'inspirai profondément, gonflant les poumons.
Puis je plongeai mes mains dans l'eau glacée, et me frottai énergiquement le visage.
Rien de tel qu'un petit rafraichissement pour remettre de l'ordre dans ses idées.
Je tâtonnais le rebord du lavabo à la recherche de la serviette bleue que j'avais tantôt posée.

« J'étais persuadée de l'avoir posée... »

Un grincement sur ma gauche.
Mes poils se hérissèrent et des frissons me parcoururent de la tête aux pieds.
Paniquée.
Des bribes de ce cauchemar.

En moins d'une minute, j'agrippai la serviette, m'essuyai et fis volte face vers ledit bruit.
A ma grande surprise, il ne s'agissait pas du fameux petit garçon mais d'un splendide jeune homme.
Hébétée.

-Salut. Il me fit un large sourire étincelant.

Plus que séduisant.
Ses cheveux bruns étaient légèrement tirés vers l'arrière, l'habitude de s'y passer la main.
Ses yeux étaient d'une étrange couleur, merveilleuse, un brun saupoudré d'or et de cuivre.
Et son sourire fit chavirer mon c½ur, entouré par ses fines lèvres pourpres.
Elégant, sobre et mystérieux.

-Je peux savoir qui tu es? Il leva son sourcil gauche, une adorable moue.
-Je euh... Mon frère est ami avec Cassidy... Et euh... Je bafouillai à mesure qu'il me détaillait.
-Ton prénom. Souffla-t-il, comme blasé.
-Alexis! Répondis-je directement, déconfite par sa manière de me parler.
-Hum... Il me dévora des yeux en se mordillant les lèvres. Je comprends mieux pourquoi ma s½ur ne t'aime pas. Il sourit et me présenta sa main droite. Je m'appelle Luke et je suis le petit frère de Cassidy!
-Ah...
Je remarquai subitement les affaires propres qu'il trimballait, gênée. Je crois que je ferais mieux de redescendre.
-Non, tu étais là avant. C'est à moi de te laisser la place.
-Non. De toute manière j'avais finit.
-Très bien.


Il passa devant moi et déposa sur le couvercle de la corbeille à linge en osier son T-shirt noir, jeans bleu marine et son boxer blanc.
Les joues rouges.
Je disposai à sa place la serviette que j'avais utilisé, jetai mes mouchoirs tâchés de rouge et cheminai jusqu'à la sortie.
A peine avais-je un pied dans le couloir qu'une main m'attrapa par l'avant bras et me fit virevolter.

-Avant que je ne me douche... Pourrai-je te retenir cinq minutes? Il plissa les yeux.
-Pour? J'eus du mal à déglutir, trop remuée.
-Viens avec moi.

Il me prit la main et me tira vers l'une des portes du fond, il poussa celle de gauche.
Sa chambre.
Une odeur épouvantable me donna la nausée, la poussière s'était accumulée ainsi qu'un bordel monstre.
Des habits et cochonneries jonchaient le sol, sans compter les magasines pornographiques.
La télévision était allumée, et il semblait avoir juste finit une partie de jeux vidéos à en juger par le mot PAUSE parcourant l'écran.
Penaude.

-Je suis désolé, mais je ne vis pas beaucoup dans cette pièce. Confia-t-il tout en levant sa main libre vers une ficelle qui pendouillait du plafond. Il tira violemment, abaissant un petit escalier. Tu penses pouvoir monter?
-Euh... Oui.
-Alors passe devant, je te retiens au cas où!
-Ok.


Tout cela était dément, encore plus que mes histoires de fantômes.
Je ne parvenais pas à saisir ce qu'il attendait de moi et pourquoi il me menait ici.
Surtout dans son grenier.
Ca aurait fait belles lurettes que j'aurai pris mes jambes à mon cou si ce n'était pas le frère de Cassidy.
Mon pied glissa sur l'une des marches en vieux bois, Luke plaça ses mains sur mes fesses, rougissante.
Cela me donna néanmoins le petit coup de pouce pour me hisser dans la pièce.

-Ca va?
-Oui, oui.


Il se tapota sur les pants de son jeans, me permettant pendant ce temps d'observer les combles.
Totalement différent de sa chambre.
Il y avait seulement deux petites fenêtres qui éclairaient un coin lecture avec une bibliothèque qui avait la longueur de la maison, et un coin peinture.

-Viens... Me dit-il en me poussant jusqu'à un tabouret au centre de la pièce.
-Mais qu'est ce que tu...
- Détends-toi, chère Alexis. C'est un simple portrait.


Il tira sur une cordelette, je perçus un claquement puis un halo de lumière vint m'illuminer le visage.
Luke alla s'installer derrière son chevalet, le pivota légèrement et m'admira un long moment.
Je me sentis vraiment bête.
Cependant le regard sérieux qu'il posait sur moi n'était pas déplaisant au contraire.
Tout à coup il fit claquer sa langue contre son palet, glissa une feuille blanche et se mit aussitôt à gribouiller dessus avec concentration.

« Pourquoi mon portrait? »

-Tu peux lever un petit peu ta tête, s'il te plaît?
-Euh... Oui.


Je m'exécutai, maladroite.
Il sortit un petit bout de langue, tout en se gratouillant de la main gauche le menton.
J'étais littéralement subjuguée par ce séduisant garçon, il avait réellement un charme fou.
Un désintérêt pour ma personne, mais une fascination pour mon visage.
A ses yeux, je n'étais plus Alexis Stewart mais une fille ayant le visage idéal pour son croquis.
Alors que je finis enfin par me détendre j'eus l'impression d'entendre quelqu'un m'appeler.
Tendant l'oreille.

-Alexis!!! Criait Dana depuis le jardin.

Je fis volte face vers Luke, qui venait à l'instant même de déposer son crayon.
-Je suppose qu'il est temps pour toi d'y aller.
-Hum...
Je baissai les yeux.
-Dommage. Il passa sa main dans ses cheveux en soupirant. J'espère qu'on pourra reprendre cette session une prochaine fois.
-Tu... Tu ne descends pas?
-Non, j'ai mieux à faire. Et je préfère encore la solitude à ces gosses de riches.
-Vache.
Ce dernier mot sortit tout seul de ma bouche. Il se crispa.
-Oh, je ne voulais pas être déplaisant et...
-Non, non. Il n'y a pas de mal, c'est juste que...
-ALEXIS!
-Je dois vraiment y aller.
-A une prochaine fois, alors.
Je me levai déjà du tabouret, il continuait de m'admirer.
-Oui, oui.

Je levai la main et trotta jusqu'aux escaliers, Luke ne daigna même pas m'accompagner.
Déçue.
Doucement et avec beaucoup de prudence, je descendis les marches évitant à plusieurs reprises la chute catastrophique.
Une fois dans la chambre, la trappe se ferma lourdement et tout contact fut rompu.
Etrange.
Je ne pris pas le temps de me poser des questions et fonça dans le hall où Cassidy et Dan m'attendaient.
Cassidy me dévisagea en percevant mon air essoufflée.

-Et bien, où étais-tu passée?
-Dans la salle de bain... Ca, ça m'a pris du temps.
-Tu n'as pas été fureté partout, j'espère!
Cassidy me toisa.
-Cassie! Tonna Dana, choquée par les propos de son amie.
-Non, j'ai juste fait la connaissance de ton petit frère. Elle fit une grimace de dégout.
-Et j'en suis sûre que tu as trouvé ce demeuré charmant. Railla-t-elle. Je préférai ne pas répondre.
-Bon, et si on allait se mettre à la cuisine?
-Oui, c'est une bonne idée.
Elle fit quelques pas avant de ne se tourner vers nous. Vous voulez bien mettre la table dehors?

Dana acquiesça.
De ce fait, Cassidy nous abandonna avec un geste magistral de sa chevelure.
Dana passa amicalement sa main autour de mes épaules et m'emmena dehors.
Pendant que nous mettions le couvert, j'avais la saumâtre sensation d'être épiée.
En effet.
Tout en m'étirant de tout mon long, je lançai furtivement un coup d'½il vers le grenier, les rideaux se remuèrent instantanément.
Un sourire niais.

-Alexis, tu peux me seconder?
-Oui, j'arrive, Dana!


Un dernier regard vers le refuge de Luke.


***


Vingt heures trente.


Pensive, je regardai le soleil se coucher lentement, donnant au ciel une teinte violette.
Des rayons orange caressaient ma chevelure auburn, une flamme ardente.
Un plat de pomme de terre passa devant mes yeux, me surprenant.

-Pardon. Me dit Max avec un sourire.
-Pas grave.

Je baissai les yeux dans mon assiette à moitié pleine, je soupirai avant de ne reprendre ma fourchette.
Enfournant les aliments sans conviction.
Je m'ennuyai royalement, Dana avait été placée à l'autre bout de la table, si bien que je n'avais personne à qui parler.
Les garçons s'étaient assis non loin de moi sauf que Chris s'occupait de griller la viande au barbecue et Max se levait toutes les trente secondes pour donner un coup de main à ce dernier.
Isolée.
Je me servis un verre de Coca et le sirotai tout écoutant distraitement la conversation que tenaient les filles avec mon frère, riant aux éclats.

« Vivement que tout se termine! »

J'étais en train de couper difficilement mon steak lorsque je perçus une ombre sur ma gauche.
Avant que je ne lève les yeux vers celle-ci, la chaise en face de moi se mut et Luke y prit place.
Il plongea ses yeux dans les miens et me gratifia d'un magnifique sourire.
Mes joues me brûlèrent.

-Euh... Cassie... Gloria tapa sur l'épaule de la belle brune. Cassie!!!
-Tu ne vois pas que je parle, là?
-Si... Mais... Ton arriéré de frère vient de se joindre à nous!
-Quoi?


Cassidy se tourna vers son frère et le fusilla du regard, il ne fit pas attention à elle.
Cela la rendit encore plus folle de rage.
Luke se servit de la viande et pris plusieurs sortes de salades, sous les regards interloqués des invités.
Cassidy quitta Ben, Dana et les jumelles pour s'entretenir avec Luke, furieuse.

-Luke, tu peux venir dans la cuisine? Lui ordonna-t-elle poliment.
-Tu ne vois pas que je suis en train de manger.
-Justement!
Il inspira profondément.
-Dans quinze minutes j'aurai finit et après je remonte dans ma chambre.
-Luke!
Tonna-t-elle.
-Quoi, encore? Explosa-t-il.
-Ne me parle pas sur ce ton, ou...
-Cassidy va voir tes amies et dis leur de cesser de me regarder comme si j'étais un monstre.
Les filles s'empourprèrent en ronchonnant. Et tiens... Envoie-moi la bouteille de Fanta.
-Je vais te...
-Tu veux que je dise à papa et maman que je dois me résigner à manger des boîtes de conserves parce que tu ne veux pas me laisser manger avec tes amis l'espace de quinze minutes?
-Pas une minute de plus!
-On verra bien
. Susurra-t-il.

Cassidy tapa du pied avant de ne retrouver ses amis et de ne reprendre sa conversation.
Jetant des regards noirs à Luke.
Ce dernier poursuivait silencieusement son repas, comme si sa s½ur n'était pas dans les parages.
Il ne portait aucun intérêt pour personne, même pour moi, j'en fus assez froissée.

-On dirait que tu as froid! Émit-il sans quittez son assiette des yeux.
-Un peu. Je gigotai sur ma chaise, perturbée.
-Tu veux un gilet?
-J'en ai pris un, merci.
Il m'adressa un regard amusé.
-Ca tenterai quelqu'un d'aller à la plage après demain? Demandèrent Sofia et Gloria, excitées.
-Ouais ce serait sympa!
-Tout le monde est partant, alors?
-Il faut que je vois avec mes géniteurs.
Confia Max.
-Ok. Le reste c'est bon?
-Tu voudras venir, Alexis?
M'interrogea timidement Dana.
-Euh... Je ne...
-Oui, elle se fera un plaisir.
Me coupa Ben, en souriant à pleine dents.
-C'est super alors! Je m'affaissai sur ma chaise, captant un ricanement, Luke.
-C'est pas marrant. Murmurai-je.
-Un peu.
-Ce n'est pas toi qui devras passer du temps avec eux!
Maugréai-je.
-N'y vas pas dans ce cas! Je secouai négativement la tête. Et bien bon courage. Plaisanta-t-il.
-Ce n'est pas juste que tu ne sois pas tenu à te joindre à nous!
-Pourquoi, si je serais venu ça aurait changé quelque chose?
Il leva son sourcil gauche.

Je pris un fard.
Mais il avait raison sur un point, est- ce que cela aurait changé quelque chose?
Je le considérai un instant, me rendant compte qu'il m'attirait énormément.
Il était plus que séduisant, son attitude de rebelle sérieux me charmait littéralement.
Conquise?
Soudainement un sentiment anormal de jalousie s'empara de moi.
L'image de Brendon se grava brutalement dans ma tête.
Une douleur insupportable.

-Eh, Alexis. Ca va?
-Je ne crois pas...


« Quelque chose ne tourne pas rond chez moi! »



****

Il y a quelques fautes.
Je m'en charge après la plage!

Bisous

****



[150]

# Enviado el martes 16 de junio de 2009 05:58

Modificado el martes 16 de junio de 2009 08:51

Chapitre 6: Une drôle de journée.

Chapitre 6: Une drôle de journée.
Une journée en solitaire s'annonçait.
Je me levai aux alentours des neuf heures, découvrant une maison anormalement calme.
Un mot était déposé en évidence sur la table de la cuisine, parsemé de miettes de pain.
Une belle écriture fine.

[Ben et moi sommes allés à Manhattan, on sera à la maison pour le dîner. Tu as des restes dans le frigo. Bisous.]

Je le froissai avant de ne le jeter à la poubelle et de me préparer mon petit déjeuner.
Sally dans les jambes.
Ma mère avait du faire les courses hier après-midi, les placards étaient enfin remplis.
Ce fut avec une agréable surprise quand je vis un paquet plein de mes corn flakes préférées.
Je me versai du lait dans mon bol de céréales et en sortit un deuxième pour le chaton.
Un ronronnement.

-Bon appétit, Miss Sally.

Elle remuait sa queue noire tout en se régalant, je m'installai paisiblement à table.
J'attrapai un magasine de décoration de ma mère, et le feuilletai tout en mâchouillant les céréales.
J'appréciai particulièrement ces moments en tête à tête avec moi-même, la compagnie des gens ne me dérangeait pas spécialement, c'était juste qu'en général nous n'arrivions pas nous accorder.
Ces derniers temps il y avait beaucoup trop de conflits à la maison, tout le monde était épuisé par ce déménagement et les tensions montaient vite.
Un bruit me fit sursauter.
Il s'agissait que de Sally qui donnait un coup de patte dans le bol pour en quémander de nouveau.

-Dis donc, jeune fille, tu ne crois pas que tu exagères?

Elle me regardait tendrement avec ses deux billes bleues, je lui fis un sourire.
Cet animal était exceptionnel à mes yeux, j'avais vraiment l'impression qu'elle me comprenait.
Je me sentais moins seule et parfois même plus écoutée qu'avec des humains.

-Viens!

Sally descendit du plan de travail et accouru jusqu'au bol que je venais de poser sur le sol.
Je m'étirai en poussant un grognement, sentant chacun de mes muscles se détendre.
Aujourd'hui je pourrai enfin avoir une journée à moi et faire ce que bon me semble.

« A moi la belle vie... »


**


Il était à peine dix heures vingt que j'étais déjà douchée et allongée sur mon lit, un bouquin à la main.
Une centaine de pages entamées.
J'avais abandonné mes lectures habituelles pour en apprendre un peu plus sur l'histoire de Brooklyn.
Cela n'était pas véritablement captivant et j'avais tendance à lire deux fois la même ligne, néanmoins j'étais poussée par la curiosité.
Sally s'était étendue sur mon ventre, et ronronnait dès lors que ma main la frôlait.
J'attaquai la cent vingt quatrième page, parlant de mon quartier, quand une personne sonna à la porte.
Sursautant.
Je poussai un long soupir avant de ne vite quitter mon lit, une fois debout, je trottai jusqu'à la fenêtre.

-Oui? Criai-je depuis le troisième étage, mon corps pendu dans le vide. Je suis en haut!

Une silhouette familière.
Brendon chemina jusqu'au milieu de l'allée, et plissa les yeux dans ma direction, ses mains au dessus de ses sourcils faisant barrière aux rayons du soleil.
Lorsqu'il me distingua, il ne put s'empêcher de m'adresser un magnifique sourire, me faisant frissonner.

-Je sais que je viens à la dernière minute... Mais je viens juste d'apprendre que j'avais finit de bosser pour aujourd'hui et je me suis dit que... Enfin, tu fais comme tu veux. Mais... Ca te dirait de venir boire un verre avec moi, ou quelque chose d'autre? Pour la première fois je le sentis peu sûr de lui.
-Où ça?
-En ville ou comme tu veux.
-J'arrive dans dix minutes!
-Ok.


Il marcha jusqu'aux escaliers et s'assit sur le perron, les mains sous le menton.
Pendant ce temps, je me hâtai d'enfiler quelque chose de plus adéquat que mon vieux T-shirt gris et mon short troué, ainsi que de masquer mes cernes d'une nuit trop courte par un peu de maquillage.
Une fois prête, je pris soin de fermer toutes les fenêtres et vérifier que les portes étaient verrouillées.
Sally m'attendait près du banc à l'entrée.

-Je compte sur toi pour garder la maison. Lui ordonnai-je en la caressant.

Je choppai mes clefs dans le panier en osier et inspirai profondément.
Mes mains tremblaient et mon c½ur s'emballait à mesure que je me rapprochais de la porte.
Risible.
J'avais honte de me mettre dans cet état pour si peu, après tout ce n'était qu'une sortie entre amis.
Cependant étions-nous de simples connaissances? Ou déjà dans la catégorie copains?
Je ne connaissais rien de ce garçon, pourtant j'avais ce besoin inassouvissable de le voir.
Rien qu'une minute.
Je pris mon courage à deux mains, ou plutôt une, et ouvris la porte d'entrée.
Brendon se souleva immédiatement et me fit face, un regard rassurant.

-Tu es très jolie. Déclara-t-il, avec un beau sourire.
-C'est vrai que ça doit changer. A chaque fois tu me vois en train de ranger et...

Il me tendit timidement sa main, je l'observai comme s'il s'agissait de la boîte de Pandore.
Mes battements cardiaques s'accentuèrent, si bien que je crus que mon c½ur aller lâcher.
Je la saisis, les joues brûlantes.
Brendon me gratifia d'un large sourire et la serra d'avantage, j'eus des frissons de la tête aux pieds.

-Tu veux aller où, alors? Il plongea ses yeux bruns brillant comme des diamants dans les miens.
-Je ne sais pas. J'eus du mal à déglutir. Où tu veux.
-Ok. Il
fit une adorable grimace. J'ai ma petite idée... Dit-il en laissant planer le mystère.


**


Prospect Park.


Allongés sur l'herbe folle.
Nous nous étions installés sous le feuillage touffu d'un immense arbre, à l'abri des regards.
Brendon était légèrement tourné vers moi, jouant avec des brins d'herbe tout en me dévorant des yeux.
Un moment fantastique.
Maintenant, cela faisait pratiquement cinq heures que nous étions ensembles, parlant de tout, riant aux éclats pour un rien, se distrayant des passants ou encore s'extasiant sur les quelques nuages blancs qui se dessinaient dans le ciel bleu.
Un être merveilleux.
Jamais je n'avais pris autant de plaisir à parler avec quelqu'un, sans compter qu'il semblait réellement absorbé par ma petite existence.
Plus le temps passait et plus je m'attachais à lui, me délectant de sa voix suave, de son gros rire ou encore de cette façon qu'il avait de me regarder.
J'avais l'impression d'être magnifique, c'était drôle à expliquer et peut être un peu prétentieux, mais la manière dont brillaient ses yeux me le faisait croire en tout cas.
Séduite.


-A quoi tu penses? Me demanda-t-il en jetant un bout d'herbe sur le bout de mon nez.
-Hum... Je soupirai de bonheur. Que je suis vraiment contente d'être ici. Je me tus, remuant mon nez et faisant tomber la saleté. Avec toi.
-Intéressant.


Je glissai vers lui, coinçant ma tête avec mon bras gauche, il me fit un sourire.
C'était la seule personne avec qui je pouvais rester autant d'heures sans me lasser, au contraire.
Je craignais de plus en plus son départ, que ce soit pour son travail ou parce qu'il devait rentrer.
Il passa sa main sur ma joue, me faisant frémir de la tête aux pieds, je fermai un instant les yeux.
Tellement savoureux.

-Je peux te poser une question, Alexis?
-Evidemment.
-Est-ce que...
Il toussa, gêné. Est-ce que je t'attire?

Je pris un fard.
Il me fixait sérieusement, attendant visiblement une réponse des plus sincères de ma part.
Troublée.
Je n'étais pas experte en garçons, je me contentais largement d'un simple flirt.
En général, avoir un copain m'agaçait assez vite, ne trouvant pas chaussure à mon pied.
Jusqu'à lui.
Enfin c'était trop tôt pour m'imaginer avec lui, et la vie m'avait appris à ne jamais vendre la peau de l'ours avant de ne l'avoir tué, mais depuis plus d'une heure je me voyais bien dans ses bras musclés.
Entichée.
C'était étrange qu'il me pose cette question, et je ne savais pas ce qu'il attendait en retour.
Combien de garçons avaient demandé ça pour en user odieusement après, se divertissant avec les sentiments de la personne.
Néanmoins, Brendon n'était pas comme ces garçons, parfois j'avais l'étrange sensation qu'il venait tout droit d'un film romantique.
Dans cette façon agréable qu'il avait de me courtiser, dans ses gestes voire ses propos.
Perturbée.

-Non? Il paraissait véritablement déçu, baissant la tête.
-Non, ce n'est pas ça. Mais...
-Cette question te gêne peut être?
-Oui. Enfin, comprends-moi.
Je baissai les yeux. N'osant affronter les siens. Tu as vingt et un ans, tu es très séduisant et tu as toutes les qualités requises pour être le petit ami idéal...
-Mais pas pour toi?
Me coupa-t-il, son visage s'assombrissant.
-Si justement. Une étincelle dans son regard. Je ne...

Il s'avança malaisément jusqu'à moi et déposa un baiser à la commissure de mes lèvres.
Un contact glacé, soudain une nuée de papillons s'envola au creux de mon ventre.
J'écarquillai les yeux, béate.

-J'avais juste envie. Pour voir! Se défendit-il.
-Voir quoi? Murmurai-je, encore sous le coup.
-Si c'était aussi savoureux que dans mes rêves les plus fous.

Mes joues s'enflammèrent comme des braises et je ne sus plus où regarder.
Je me laissai donc tomber sur le sol dur, et admirai les nouveaux nuages blancs.
Mon c½ur battait une nouvelle fois à tout rompre, et ma respiration était saccadée.
Sur le point d'exploser.

-Il y a quelque chose qui te rebute ou te dérange, on dirait. Attesta-t-il, peiné.
-Non, non.
-Tu en es sûre?
Sa voix trahissait son inquiétude.
-Oui, oui.
-Bon très bien.
Il soupira et se coucha à mes côtés, un bras sous sa tête.

Tout en contemplant le ciel bleu azur, je triturai nerveusement mes doigts.
Des questions plein la tête, je me mordillai les lèvres, une sale habitude lorsque je doutais.
Mon c½ur et ma tête se chamaillaient des réponses potentiellement correctes, pour finalement tous les deux se taire et me laisser parler.

-Pourquoi moi? Lâchai-je en un soupir.
-Comment ça? Il pivota vers moi et plissa les paupières.
-Je ne sais pas mais... Enfin, regarde-moi. Je suis anodine, plus jeune que toi et je suis...
-Différente.
Je déglutis bruyamment, il me fit un sourire rassurant. J'ai envie de te répondre, pourquoi pas. Il passa sa langue sur ses lèvres. La première fois où je t'ai vu j'ai cru... Rêver. C'était comme si un ange était tombé du ciel. Tu étais tellement magnifique, et... Il se tut, je me rappelai la réaction qu'il avait eu. Tu penses que c'est parce que j'ai vingt et un ans et que mon physique n'est pas repoussant que je peux avoir qui je veux. Seulement, cela ne m'intéresse pas. Je cherche une personne spéciale. Et cette personne spéciale, c'est toi.
-Moi?
J'étais dans un état second entre l'euphorie et l'envie de pleurer tant c'était beau.
-Pourquoi cela semble t'étonner? Je suis sincère depuis le début avec toi, alors dis moi...
-Parce que cela paraît fou. Non, j'ai plutôt peur de me réveiller d'un instant à l'autre et...
-Souffrir?
Je le dévisageai, troublée.
-Oui. Il parut éploré. Les gens finissent toujours par me faire du mal. Soufflai-je, émue.
-Les gens finissent bien par mourir, cependant ils continuent de vivre.
-Exact.
Je plongeai mes yeux dans les siens. Je ne suis pas forte pour exprimer ce que je ressens. La vie m'a appris à refouler sans cesse et... Il posa sa main sous mon menton.
-Je ne te demande pas de dire tout haut ce que tu penses tout bas, seulement de le murmurer. Et si tu ne te sens pas prête et bien j'apprendrai à te connaître au point que ton simple regard suffise. Attendrie par ses mots.
-Tu es...
Je soufflai. Comment fais-tu pour être si parfait?
-Je ne le suis pas.
Je pris sa main et croisa mes doigts dans les siens.
-Je crois que tu as réussi à me prouver le contraire, Brendon.

Nous nous échangeâmes un long et tendre regard, une parenthèse sur son doux visage.
Une situation aux reflets idylliques.
Toutefois au fond de moi subsister un malaise, j'avais un mauvais pressentiment.
C'était comme si une alarme en moi m'ordonnait de fuir avant qu'il ne soit trop tard.
Ma conscience?
Ou parce que j'empruntais un chemin obscur?

Je n'avais jamais été attirée par un garçon de cette manière, au point d'accepter un rendez-vous si vite.
Brendon m'avait mis à l'aise, j'avais pu me laisser aller, être moi et cela sans le regretter par la suite.
De plus, il semblait être attaché à moi, et son baiser innocent de toute à l'heure en était une preuve.
Cependant, depuis tout ce temps passé ensemble je ne parvenais pas à cesser de m'interroger.
N'allais-je pas trop vite?
Qu'attend-t-il véritablement de moi?
Ne devrais-je pas me méfier avant de me jeter dans ses bras?

Je ne connaissais pas beaucoup Brendon, et cela me dérangeait au fond car je ne pouvais lui accorder toute ma confiance, trop inquiète.
J'avais envie d'avoir la certitude que c'était un garçon bien et que toutes ses déclarations n'étaient pas des paroles en l'air pour me séduire.
Aucun moyen de vérifier.
Je devais me lancer, en espérant que la chute ne soit pas trop douloureuse.
Après tout beaucoup de couples apprennent à se connaître au fur et à mesure, pourquoi pas nous?
Mais était-ce seulement ça qui me dérangeait chez lui ou était-ce également parce qu'il dégageait quelque chose de mystérieux que je n'arrivais pas expliquer?



**


Vers les dix neuf heures.


Après avoir passé une journée extraordinaire avec Brendon, l'heure était venue de rentrer chez soi.
Brendon avait tenu à me raccompagner, prétextant que les rues de Brooklyn n'étaient pas assez sûres pour une jeune fille comme moi.
Un moyen de profiter des derniers instants ensembles.
Main dans la main, nous marchâmes jusqu'au perron et nous stoppâmes devant la porte d'entrée.
Un léger courant d'air courait sur les parcelles nues de mon corps, me chatouillant.

-Bon...

Un sourire espiègle sur ses lèvres pulpeuses.
Il s'avança doucement vers moi et m'embrassa tendrement sur la joue droite.
Une explosion de sentiments.
Il se retira bien trop vite à mon goût, son visage rayonnant comme jamais.
Il plongea ses prunelles brunes, étincelant intensément, dans les miennes.
Enflammée.

-On se revoit très vite? Il caressa la paume.
-Oui.
-Je me demandais si tu...
-Alexis? C'est toi?
Cria ma mère depuis la cuisine.

Brendon se crispa, il se tourna vivement vers la porte d'entrée d'où l'on percevait un bruit de pas.
J'identifiai de la panique dans ses yeux, tout à coup, la poignée bougea.
Je lançai un regard suspicieux à Brendon, il me fit un sourire avant de ne m'enlacer amoureusement.
Il me murmura un « salut » avant de ne se dérober tel un voleur, la porte s'ouvrit la seconde suivante.
Ma mère m'attrapa vigoureusement par le bras, je sursautai.
Ne me laissant pas apercevoir une ultime fois Brendon.

-Tu as vu l'heure qu'il est! Tu étais où? S'énerva-t-elle.
-C'est bon, j'étais seulement sortie!
-Ne me parle pas comme ça, Alexis Stewart!
Pesta-telle. J'ai appelé toute la journée à la maison, tu ne répondais pas. Nous avons du écourter notre visite de Manhattan pour retrouver la maison vide et sans mot! Tu es vraiment...
-Désolée.
Soufflai-je, ma mère me toisa, furieuse. Trop tard. Murmurai-je pour moi.
-Je ne te supporte plus du tout, Alexis...

C'était repartit pour une énième crise de nerf.
Je m'étais souvent demandé si ma mère ne m'utilisait pas comme souffre douleur lorsque quelque chose ne lui convenait pas.
C'était bien plus facile de s'énerver contre moi que mon père qui lui répondait dans l'immédiat ou mon frère qui l'envoyait directement bouler.
Je n'étais pas comme ça, et chaque fois chacun de ses mots m'atteignaient en plein c½ur.
Tel des lames de couteaux.
Je ne comprenais pas d'où elle tenait toute cette ranc½ur envers ma personne, je ne lui avais jamais causé de soucis, j'étais une bonne élève, une enfant polie et courtoise, et je passais mon temps à lire ou faire des activités enrichissantes.
Pourtant elle trouvait toujours à redire, jouant son rôle de mère martyre à la perfection.
Aujourd'hui elle ne faillait pas.
Toute l'allégresse que j'avais pu éprouver auparavant venait de disparaitre en moins d'une minute.
Comme si cette journée avec Brendon n'avait jamais existée.

-Tu as finit? Tonnai-je, les yeux emplis de larmes.
-Oui. Elle croisa les bras sur sa poitrine.
-J'espère que t'as eu beaucoup de plaisir à m'injurier devant nos voisins. Je la bousculai et filai vers les escaliers.
-Alexis! Hurla-t-elle. Reviens tout de suite!

Je montais prestement vers ma chambre, frappant violemment mes pieds contre chaque marche.
Ma mère continuait sa gueulante depuis le hall, attirant l'attention de mon père et mon frère.
Des larmes perlaient aux coins de mes yeux, malgré mes efforts pour les retenir.
Une fois dans ma chambre, je claquai hargneusement la porte et m'enfermai rapidement à clef.
Chose qui ne servirait à rien puisque personne ne viendrait me consoler ou voir comment j'allais.
Je m'assis à même le sol, repliant mes jambes contre moi.
Des pleurs.

-Je vous déteste tous. Sanglotai-je, serrant les bras contre mon corps chétif.

Une dizaine de minutes plus tard, l'un de mes livres tomba lourdement sur le plancher.
Je relevai aussitôt mes yeux gonflés vers celui-ci.
Au milieu de la pièce, il semblait avoir été poussé par quelque chose.
Un espoir infime de ne pas être seule et que quelqu'un comprenne enfin ma douleur.
Humain, esprit ou autre chose, j'avais plus que besoin d'être réconfortée en ce moment.
Je me soulevai difficilement et marchai jusqu'à l'exemplaire de citations ouvert à la page trente.

-On ne choisit pas sa famille, mais ses amis oui! Lus-je à haute voix. Pathétique.

Je fis claquer le bouquin avant de ne le remettre sur son étagère, à sa place exacte, puis d'un revers de manche essuyai quelques larmes.
Je ressassai avec amertume les mots blessants de ma génitrice, tous ces reproches sans fondement.
Peinée, je fis quelques pas vers mon lit pour m'y allonger quand le livre tomba à nouveau.
Choquée.
Je regardai pantoise les pages blanches tâchées d'encre se déplacer toutes seules.
Je me frottai vigoureusement les yeux, croyant être en plein rêve ou cauchemar.
Mais non.
Soudain les pages cessèrent de tourner, et le livre glissa jusqu'à moi.
Je m'abaissai avec précaution en fixant le vide, puis je baissai les yeux vers ce qui était écrit.

[Sur les ailes du temps, la tristesse s'envole.]

Je répétai la phrase plusieurs fois dans ma tête, bouleversée.
Je frissonnai, prenant conscience que cette fois-ci je n'étais pas dans un rêve.
Impressionnée.
Mon c½ur tambourinait dans ma poitrine et mon sang me brûlait dans chaque veine.
Certaines personnes auraient crié, ou même pris leurs jambes à leur cou.
Mais pas moi.
Du moins pas aujourd'hui, pas dans ces circonstances.
Je me redressai lentement, le livre à la main, puis me raclai timidement la gorge.

-Merci beaucoup. Murmurai-je.

« Qui que vous soyez... »





***

Après avoir lu quelques comms, je voulais faire le point.


On m'a dit que ça allait trop vite entre Brendon et Alexis.
Au départ dans cette histoire, Alexis flashe sur Brendon.
Elle s'étale même dans ses escaliers.
En rêve.
Le voit partout.
Y pense souvent.
Et culabilise même quand elle se rend compte que Luke lui plaît.

Et puis dès le début de ce chapitre on voit que c'est un rendez vous,puisqu' il est hésitant, lui prend la main, la complimente.
Ensuite ils passent 5 heures ensembles et donc on le temps de se connaître, je précise dans mes lignes qu'ils s'entendent bien et qu'Alexis est séduite ("tout droit sortit d'un film romantique").
On en vient au baiser, il est sur la joue!!!
Une simple marque d'affection qui va chambouler Alexis.
Mais elle doute parce qu'elle se rend compte qu'elle se laisse aller (et c'est rare), qu'elle est prête à donner sa confiance à ce garçon qu'elle ne connaît presque pas.
"un mauvais pressentiment"
Pourtant quelque chose l'incite à foncer, peut être ce "don" qu'à Brendon à la mettre à l'aise.

Ca ne va pas trop vite.
Il y a juste "anguille sous roche"



On m'a dit qu'il n'y avait pas assez de dialogues.
J'aurais pu en faire plus mais je les aurai trouvés barbants.
Et puis il est rare de trouver une page de dialogue dans un roman, sauf théâtre.
Bref. J'assume.


Ce chapitre contraste avec les autres.
Mais c'est pour une bonne raison.
Un indice: Brendon.
J'ai voulu mettre à nu les sentiments d'Alexis.
Prouver que malgré le fait qu'elle aime s'isoler et qu'elle soit particulière c'est une jeune fille comme les autres.
Et que l'amour n'est pas toujours lié à la raison.


Et puis je vous assure que c'est frustrant à un premier rendez-vous de ne pas avoir un baiser! Lmao


Take Care.


***


[150]

# Enviado el sábado 20 de junio de 2009 12:39

Modificado el sábado 20 de junio de 2009 17:35

Des nouvelles






Bonjour Mesdemoiselles et Messieurs.

Non, la suite n'est toujours pas là et je m'en excuse sincèrement.
Mais mon cerveau m'oblige à écrire une fan fiction qui me tient à coeur. Haha.
Pour ceux ou celles qui voudraient en lire un bout, venez me voir sur MSN et je vous passerez ça.


En attendant...
Un de mes derniers coups de coeur...


Take Care.





<3

# Enviado el lunes 15 de junio de 2009 16:23

Modificado el jueves 02 de julio de 2009 07:38